Vindicte étatique contre Aurore Martin

Aurore Martin, 31 ans, est dirigeante de Batasuna au Pays Basque nord (Iparralde).  Ce parti nationaliste basque de gauche est légal en France mais illégal en Espagne. A ce titre, et poursuivant une logique répressive sans cesse croissante, la justice espagnole a demandé par deux fois cette année à la justice française l’extradition de la militante basque, en émettant à son encontre un mandat d’arrêt européen dont le motif est la “participation à une organisation terroriste”. C’est en effet par ce stratagème pervers, rendant tout individu ou groupe militant pour l’indépendance du Pays Basque susceptible d’être poursuivi et incarcéré pour terrorisme, que les autorités espagnoles harcèlent actuellement le mouvement nationaliste basque.

Si dans un premier temps, la cour d’appel de Pau avait refusé d’appliquer ce mandat d’arrêt européen, elle a finalement accédé à la deuxième demande de la justice espagnole le 23 novembre. La cour de cassation a ensuite validé le MAE et la demande d’extradition le 16 décembre. Voilà comment une militante politique, accusée dans le MAE de participation à des meetings, à des conférences de presse, et à des réunions, autant de faits légaux en France, se trouve sur le point d’être extradée en Espagne, poursuivie, sans doute incarcérée, vraisemblablement torturée (à moins que la Guardia Civil ne se montre clémente envers une ressortissante “française” ?), et peut-être condamnée à une peine de 12 ans de réclusion (c’est le tarif actuel quand on prône l’indépendance du Pays Basque, conviction qui équivaut mécaniquement pour les autorités espagnoles à “participer à une organisation terroriste”).

Face à cette capitulation de la justice française, qui livre une de ses “citoyennes” à la justice d’un autre pays européen pour des faits d’ordre politique, Aurore Martin a fait savoir publiquement par l’intermédiaire d’une lettre au Journal du Pays Basque, le lundi 20 décembre, qu’elle entrait en clandestinité pour échapper à l’extradition et aux poursuites lancées contre elle par la justice espagnole. Le fait est que l’acceptation du MAE par la justice française constitue un dangereux précédent et une grave atteinte aux libertés fondamentales d’expression, de réunion et d’opinion. La Ligue des droits de l’Homme, l’Association européenne pour la défense des droits de l’Homme (AEDH) et la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) ont dénoncé ce qui représente une “entente entre Etats pour museler des opposants politiques”. Le syndicat de la magistrature est sur la même longueur d’onde quand son secrétaire général, Benoist Hurel, énonce que “le problème n’est pas tant de remettre aux autorités espagnoles une ressortissante française que de remettre quelqu’un pour des faits qui en France ne constituent pas une infraction“.

On voit en tout cas dans quelle compromission se vautre la justice française avec l’application de ce mandat d’arrêt européen, ceci dans le but de collaborer avec des autorités espagnoles dont l’unique leitmotiv est la répression. On jugera de cette stratégie incendiaire à un moment où le nationalisme basque s’engage sans arrières-pensées dans un processus de paix, démocratique, en rupture avec la lutte armée.

Solidarité avec Aurore Martin et retrait du MAE !

Retrouver cet article sur Agoravox

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