Contre l’évidence

“Quimper 2011 Ensemble tout simplement”
 
 

Voilà l’affiche qu’a sortie la mairie de Kemper pour les voeux 2011 ! Comment mieux résumer notre négation ? Ortographe francisée de Kemper, slogan à deux balles sur le vivre ensemble, aucun mot de breton… et ces deux drapeaux français, agrandis pour l’occasion, énormes, hideux, puants. Nous Bretons n’existons pas dans cet “ensemble” invoqué et imposé, à moins de nous renier totalement en tant que Bretons, de renier notre spécificité. Voici la morale de l’histoire dans cette République qui nous condamne à vivre marginalement notre culture au nom de sa communauté nationale. Voici la morale de l’histoire dans cette République qui par tous les moyens cherche à nous imposer son identité et ses symboles nationaux.


 L’intégration de la Bretagne et des Bretons à l’espace français est désormais presque totale. Si la spécificité bretonne a traversé les siècles, l’obsession républicaine pour l’uniformité en est finalement venue à bout. Le peuple breton a été dissout dans le creuset national, broyé par un redoutable centralisme. L’histoire de Bretagne, les langues bretonne et gallo, la culture populaire, les enjeux politiques bretons, une conscience collective, sont autant d’inconnues pour une population bretonne, et plus encore pour une jeunesse bretonne dont la cuite est devenue le principal marqueur identitaire affiché. Le phénomène d’identité négative s’est certes retourné en identité positive, mais cette identité ne repose plus sur rien. Une identité de pacotille en somme.

 

 On brandit d’autant plus haut le gwenn-ha-du qu’on est de plus en plus ignare de tout ce qui constitue la singularité bretonne. Ne parlons même pas d’une quelconque réflexion sur la Bretagne en tant qu’entité politique autonome, nous en sommes à des années-lumières. La réussite de l’Etat dans son entreprise de déracinement à grande échelle est telle qu’elle s’est faite sans résistance majeure, dans un climat général de passivité et d’acceptation de l’ordre républicain imposé. 


Le Républicanisme français, comme le système capitaliste, est présenté par ses promoteurs comme un horizon indépassable, seul garant de nos libertés pour l’un, de notre confort matériel pour l’autre. L’un comme l’autre, ils tentent par tous les moyens de s’auto-légitimer, de se donner un caractère d’évidence pour mieux susciter la passivité et la résignation. L’Etat français et le capitalisme sont parvenus à ce stade où presque plus personne ne songe sérieusement à les remettre en question. Dans ce  cadre, prôner la rupture avec la France, comme prôner la sortie du capitalisme, est perçu comme aller contre l’intelligence et la Raison, comme aller contre le bon sens et le sens de l’Histoire.

 Il faut pourtant s’élever contre ces évidences qui tentent de marquer nos existences au fer rouge, de nous faire rentrer dans le rang et d’exiger notre obéissance définitive. Le désastre social et écologique mondial montre que l’avenir de l’humanité ne pourra se faire qu’en dehors du capitalisme. Le désastre sociétal et culturel français met au jour l’arnaque républicaine. Le capitalisme, il faut en sortir d’urgence. L’Etat français, il faut le miner de l’intérieur et le faire exploser. Ce sera notre juste vengeance à nous,  populations indigènes laminées par la République. Et dans ce combat, comme l’indique la mercuriale de janvier du site Contreculture.org, nous ne pouvons que nous rapprocher du combat pour le multiculturalisme que mènent les musulmans de France contre la laïcité assimilatrice.  

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