Contre l’évidence : l’exemple tunisien

Par un curieux (et heureux pour les Tunisiens) hasard, l’actualité de ces derniers jours au Maghreb m’offre un formidable exemple appuyant mon dernier billet intitulé “Contre l’évidence”. En effet, on vient d’assister, avec le renversement par la rue du dictateur ben Ali, à un évènement sans doute historique et pour le moins inattendu. 

 

Je parlais de ces évidences, régimes ou systèmes qui semblent tellement ancrés, tellement inscrits dans nos paysages et dans nos vies, qu’on en vient à croire à leur éternité. La solidité et la pérennité du régime dictatorial de Ben Ali était aussi une de ces évidences. Pendant 23 ans, ce dictateur a tenu d’une main de fer une société réduite à la misère et à la résignation. Pendant 23 ans, on a perçu ce régime, de l’intérieur et de l’extérieur, comme indéboulonnable. Le dictateur, le parti unique, l’armée, le régime policier et centralisé, les médias à la botte… tout cela a volé en éclat  en l’espace de quelques jours, alors qu’on pensait ce genre de régimes voués à durer des siècles, des millénaires.

 

Les Tunisiens ont foutu dehors la clique de dirigeants corrompus qui les oppressaient. Cette possible liberté qui s’offre à eux, ils l’ont payé au prix fort, au prix de plusieurs centaines de morts. Mais maintenant, c’est une vague d’espoir qui gagne partout les peuples soumis à des régimes dictatoriaux. L’Algérie a été secouée, et peut l’être de nouveau. Ailleurs, ce sont d’autres pays arabes qui s’agitent. Peut-être entrons-nous dans une période faste où les populations, harassées par la misère grandissante et les privations de liberté, vont prendre conscience de leur force collective et mettre par terre les tyrans et les gouvernements qui les oppriment. 

Quant au glorieux Pays des Droits de l’Homme (vous l’aurez reconnu), on ne peut que saluer sa grande contribution à l’émancipation des Tunisiens : 

“Nous proposons que le savoir-faire qui est reconnu dans le monde entier de nos forces de sécurité permette de régler des situations sécuritaires de ce type. C’est la raison pour laquelle nous proposons aux deux pays [Algérie et Tunisie], dans le cadre de nos coopérations, d’agir en ce sens pour que le droit de manifester puisse se faire en même temps que l’assurance de la sécurité.” (Michèle Alliot-Marie, le 12 janvier à l’Assemblée Nationale)

Voilà donc ce que propose la France en termes d’émancipation et d’avancée démocratique ! L’export de ses techniques de sécurité pour “régler les situations sécuritaires de ce type”, alors que gens se faisaient tirer dessus à balles réelles par les forces de police d’une dictature… quel pays de merde. 

Advertisements

Lezel ur respont

Fill in your details below or click an icon to log in:

Logo WordPress.com

Emaoc'h oc'h ober un evezhiadenn gant ho kont WordPress.com Log Out / Kemmañ )

Skeudenn Twitter

Emaoc'h oc'h ober un evezhiadenn gant ho kont Twitter Log Out / Kemmañ )

Luc'hskeudenn Facebook

Emaoc'h oc'h ober un evezhiadenn gant ho kont Facebook Log Out / Kemmañ )

Google+ photo

Emaoc'h oc'h ober un evezhiadenn gant ho kont Google+ Log Out / Kemmañ )

War gevreañ ouzh %s

%d bloggers like this: