Une “démocratie de basse intensité”

Non-collectivite-alsacePGavril2013

La France est un pays de merde, et on en a une nouvelle confirmation ce soir.

Je pense que nous avons été un certain nombre en Bretagne, et dans les autres “régions à fortes identités” (euphémisme à la con désignant ce que partout ailleurs dans le monde on appelle “minorités nationales”), à espérer que le référendum alsacien d’aujourd’hui ouvre une brèche dans la République Une et Indivisible. L’heure semblait être à une revanche du pays réel, du peuple dans sa diversité, de la démocratie véritable, sur le carcan jacobin et sa démocratie de préfecture.

A l’instigation de la droite alsacienne, et avec l’appui de la mouvance régionaliste et des verts, le référendum devait aboutir à la fusion des deux départements et du conseil régional d’Alsace. Aurait émergé un Conseil d’Alsace aux prérogatives renforcées, à même de mener des politiques ambitieuses dans divers domaines. Les économies auraient été substantielles, avec la fin des financements croisés et des doublons entre schémas départementaux et régionaux, la réduction du nombre d’élus, etc. Indubitablement, on commençait à voir apparaître le début d’une démocratie différenciée, faisant confiance à ses acteurs locaux pour s’organiser, antithèse de la République uniforme et hypercentralisée. Et puis, pour une fois qu’on demande son avis au peuple sur les questions d’organisations territoriales !

Et bien non, le monolithe républicain est bien loin de se fissurer. Les Alsaciens ont préféré le statu-quo. Dans le détail, il semblerait que le Haut-Rhin ait redouté de se retrouver sous l’influence de Strassburg. Et voilà comment on se retrouve à la case départ, en attendant un acte 3 de la décentralisation dont le but sera surtout de ne rien changer au mic-mac de l’organisation territoriale française. On la connait, la force d’inertie du jacobinisme français. Elle a encore montré aujourd’hui sa redoutable capacité de nuisance. De Mélenchon à Le Pen, en passant par tous les groupuscules et officines nationales-républicaines, le branle-bas de combat pour “maintenir l’Alsace française” était assez sidérant. En parcourant la toile ces jours-ci, on se serait crû à la veille de Valmy : “la République, Une et Indivisible, est en danger, les Allemands et autres eurocrates sont à ses portes”. Effarant.

Ce pays est mentalement ravagé par le jacobinisme. Son modèle d’organisation et de fonctionnement se révèle tous les jours plus inefficace et antidémocratique. Edwy Plenel, tirant les enseignements de l’affaire Cahuzac, parle de la France comme “d’une démocratie de basse intensité”. La très faible participation et le non au référendum alsacien en offre une preuve supplémentaire.

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2 responses to “Une “démocratie de basse intensité”

  • gasteiztar

    On remarque la présence de la kanaky en catalogne sur la carte, on aura surement le droit à ce genre d’affiches colonialistes de la part de cette gauche quand se rapprochera le reférendum en kanaky… à gerber tout simplement.

  • paotrgarz

    Ah oui, effectivement, les colonies sont arrivées en Catalogne. Ils sont complètement tarés !

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