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La réunification de la Bretagne enterrée ?

GenaouienLa belle brochette de connards.

 

C’était évidemment trop beau. Il fallait se douter que les réseaux jacobins allaient réagir devant la perspective d’une réunification de la Bretagne historique. Pour l’idéologie républicaine, et ses nombreux laquais, la résurgence d’une telle entité historique représente une véritable abomination, la menace incarnée de l’unité du pays et de son fonctionnement hypercentralisé.

 

Pourtant, on pensait il y a quelques semaines assister à un véritable tournant historique. C’était d’abord les annonces sur l’accélération de la réforme territoriale et la réduction du nombre de régions. Puis, le magazine Challenges se procurait la carte à l’étude au ministère de l’intérieur. La Bretagne y est réunifiée. Et là, on se dit que le miracle est à portée de main. La manifestation de Nantes reçoit un écho médiatique important. Le conseil régional de B4 réitère officiellement la demande de rattachement de la Loire-Atlantique. Un sondage annonce que les Bretons sont partisans d’un rattachement de la Loire-Atlantique, et que les “Ligériens”(c) sont les moins favorables à l’unité de leur région. Les médias nationaux parlent du sujet. Beaucoup de signaux sont positifs.

 

Puis est venue la riposte. C’est France 3 Pays de Loire d’abord, subventionnée à hauteur de 300 000€ par an par la région PDL, qui fait purement et simplement disparaître un sondage sur son site internet indiquant 95% de votes favorables au démembrement des PDL. Jacques Auxiette ensuite multiplie les gesticulations pour défendre le périmètre de sa baronnie. Pour ce faire, il convoque le ban et l’arrière-ban des élus et autres subventionnés de la région des Pays de la Loire, pour vanter les réussites et la dynamique régionale. Une campagne de pub dans les médias nationaux, pour la somme de 300 000 €, dénonçant le démembrement annoncée de la région PDL, est ensuite lancée, en même temps qu’un site internet dédié. A cela s’ajoute les multiples interventions dans les médias locaux, à la botte, au premier rang desquels Ouest-Torch. Dernière bouffonnerie en date, avec la complicité de la sinistre ministre de l’environnement Ségolène Royal, l’annonce de la mise à l’étude de la fusion des régions PDL et Poitou-Charentes.

 

Si ce n’était que ça. Les réseaux jacobins de Bretagne se sont alors mis en ordre de bataille. Pierre Maille, Claudy Lebreton et Jean-Louis Tourenne, respectivement présidents des conseils généraux du Finistère, des Côtes d’Armor et de l’Ille et Vilaine, furent les premiers à dégainer. Leur tribune, destinée à sauvegarder leurs baronnies respectives, prenait explicitement position contre un redécoupage “identitaire” (entendre la réunification de la Bretagne) et pour l’Ouest, fusion de la Bretagne et des PDL. Bernard Poignant suivait de peu, lui l’ennemi acharné de la Bretagne et désormais conseiller à plein temps de Hollande depuis que les Kemperiz l’ont saqué, avançait l’idée encore plus farfelue d’une région “Ouest-Atlantique” comprenant Bretagne, PDL et Poitou-Charentes. L’idée a sans doute l’avantage à ses yeux de diluer davantage la Bretagne, jusqu’à en effacer le nom.

 

Hier enfin, alors que le journal La Tribune annonce le renoncement de Hollande à démembrer la Pédélie, vient d’être tirée la dernière salve. Les maires des quatre plus grandes villes de Bretagne, Nathalie Appéré pour Rennes, Johanna Rolland pour Nantes, Francois Cuillandre pour Brest et David Samzun pour Saint Nazaire, accompagnés du président de Rennes Métropole, Emmanuel Couet, battent le tambour et proclament à l’occasion d’une conférence de presse impeccablement relayée par la presse, leur voeu d’une fusion Bretagne-Pays de Loire. L’argumentaire relève du discours technocratique actuel sur la nécessité d’un développement des “métropoles” : on parle d’interconnexions et de réseaux entre grandes villes, de leur rôle en tant que locomotives, etc. Le reste du territoire, ils s’en foutent. Ou ils font semblant de s’en soucier. Ce qu’il leur faut à ces nouveaux caciques, c’est un cadre régional bien mou, bien flasque, pour bénéficier de la marge de manoeuvre la plus large possible. Et quand ils parlent de “solidarité territoriale”, il faut entendre développement forcené des métropoles et territoires ruraux à la remorque.

 

Laissons le mot de la fin à Johanna Rolland, jeune maire socialiste de Nantes adoubée par Jean-Marc Ayrault :

« Nous l’avons vu lors des dernières élections (européennes, NLDR), il devient urgent de rapprocher le politique et le citoyen. C’est à nous, élus locaux, de mettre en place cette réforme sans qu’elle ressemble à un espèce de mécano institutionnel compliqué ».

Et bien oui, chez les jacobins du PS, c’est comme ça que ça marche. Quand on veut rapprocher le “politique du citoyen”, on s’assoit sur l’opinion publique, largement favorable à la réunification de la Bretagne, et on invoque les fameuses et fumeuses coopérations interrégionales Bretagne-Pays de Loire. L’élection européenne vient de leur mettre une claque, mais visiblement ils n’en ont pas encore assez.

 

Du sac les socialos !

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