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La presse à la botte, la preuve par l’exemple

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Il n’est pas un jour maintenant sans tribune et communiqué à propos de la réforme territoriale. La tribune des “maires de l’ouest” parue lundi, appuyant la fusion Bretagne-Pays de la Loire, a déclenché une salve de réactions chez les partisans de la Bretagne historique (Bretagne Réunie, 44=Breizh, les bonnets rouges, Kevre Breizh, BZH network, Produit en Bretagne, etc). Les politiques les plus en vue sur le dossier ont également contre-attaqué, de (très) belle manière : les élus EELV, Marc Le Fur et le président du Conseil régional de Bretagne Pierrick Massiot. La lettre ouverte de ce dernier, intitulée Lettre à la Bretagne, est en tout point admirable. Elle est parue mardi dans la presse régionale bretonne.

 

On va constater qu’il est très instructif de comparer sur internet le traitement par les médias régionaux des tribunes respectives des “maires de l’ouest” et de Massiot. Lorsque l’on tape “maires de l’ouest fusion bretagne pays de la loire” dans google, voici les liens des médias et collectivités apparaissant en première et deuxième page :

Libération

France 3

Le Parisien

Ouest-France

France 3 Bretagne

Nantes Métropole

Le Telegramme

France 3 Poitou Charentes

Metronews

France 3 Pays de la Loire

Le mensuel de Rennes

Presse Océan

La gazette des communes

Ceci sachant que la tribune des quatre barons est publiée sur le site internet de Ouest-France, avec un article supplémentaire détaillant les arguments de ces-dits élus.

La même opération en tapant “Pierrick Massiot Lettre à la Bretagne” dans Google donne ceci :

7seizh

Le Parisien

France3 Bretagne

Bretagne.fr

44Breizh

Bretagne Réunie

On constate un traitement médiatique complètement inégal, en faveur des “maires de l’ouest”. Ouest-France et Le Télégramme, sur leurs sites internet, ne consacrent pas une page, pas une ligne à la tribune de Massiot. Si cette lettre ouverte n’avait pas été diffusée sur le site de la région, et reprise par les mouvements pro-réunification, elle n’existerait pas sur internet. Par ailleurs, aucun média présent en Loire-Atlantique n’a relayé l’existence de cette tribune (ni France 3 Pays de Loire ni Presse Océan ; pour la version départementale de Ouest-Torch, on leur fait confiance pour ne pas avoir publié la tribune). On prend là conscience du mur médiatique patiemment érigé entre Bretagne et Loire-Atlantique.

 

Ah, au fait, on se demandait aussi pourquoi Cuillandre défendait la fusion Bretagne-PDL, alors qu’un tel découpage renforcerait nécessairement la position excentrée de Brest. On vient de comprendre pourquoi. L’édile s’est fait élire lundi pour deux ans à la présidence du pôle métropolitain Loire-Bretagne (un machin qui met en réseau les métropoles des deux régions). On lui a fait son petit cadeau, le voilà bien au chaud.

 

Pour rappel, la liste des “élus de Bretagne” (tous socialistes) opposés à la réunification de la Bretagne historique, tout autant qu’à la proposition d’une Assemblée de Bretagne fusionnant les conseils généraux et le conseil régional :

Marylise LeBranchu (ministre à la fonction publique)

Pierre Maille (président du CG du Finistère)

Jean-Louis Tourenne (président du CG de L’Ile et Vilaine)

Claudy LeBreton (président du CG des Cotes d’Armor)

Bernard Poignant (conseiller du président)

François Cuillandre (maire de Brest)

Emmanuel Couet (président de Rennes métropole)

Johanna Rolland (maire de Nantes)

Nathalie Appéré (maire de Rennes)

David Samzun (maire de Saint Nazaire)

 

 

Des rassemblements sont prévus samedi à 16h00 à Brest et Nantes pour dénoncer ce déni de démocratie.

 


Ouest-France dans ses oeuvres

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Ouest-France poursuit son travail de sape de négation de la Bretagne historique, et de la Bretagne tout court. Dans l’édition du jour, on en trouve encore un exemple édifiant. Sur la couverture d’abord, où un titre annonce “Une encyclopédie du rock à l’Ouest“. Ayant entendu parler de la sortie du tome 2 de “Rok”, ouvrage à propos du rock breton, je soupçonne l’entourloupe. Ca ne rate pas, le résumé de l’article me confirme bien qu’on parle là de “l’encyclopédie du rock breton (Rok), de Nantes à Brest”.

L’article en lui-même, en page culture, offre un festival. Ouest-france, ses journalistes (l’article est signé Benoit LE BRETON, avec Philippe RICHARD et Michel TROADEC), réussissent ainsi la prouesse d’évincer presque complètement les termes “breton” et “Bretagne”… pour parler d’une encyclopédie du rock breton ! Méthodiquement. Sciemment. Ceci au profit de “l’Ouest”.

C’est parti. Le titre d’abord : “Le vrai poids des musiques rock à l’Ouest“. Puis :

“implantant à l’Ouest la plus grande concentration de ces événements festifs”

“Le hip-hop de l’Ouest a ses premières stars avec les Nantais Hocus Pocus”

“Stars de l’Ouest

“Des journalistes de l’Ouest

Avec Ouest-France, c’est le matraquage permanent. Le but, enterrer la Bretagne historique, maintenir une Bretagne croupion insignifiante, et par dessus tout, promouvoir l’Ouest, territoire qui n’existe pas mais qu’il faut faire advenir. Dans ce dessein, l’identité bretonne revendiquée est une entrave qu’il faut neutraliser. L’acte de censure manifeste du magazine Bretons de février est là pour nous le rappeler.


Le grand généalogiste est un guignol

Dessin de Sergio Aquindo

A chaque fois que je tombe dessus, la rubrique du “grand” généalogiste Jean-Louis Beaucarnot, qui paraît dans dimanche Ouest-France, a le don de m’agacer. Une fois sur deux, à propos des noms de famille breton, le spécialiste auto-proclamé omet de signaler que ces dits noms sont en langue bretonne. Pareillement aux noms de l’aire francophone, il en propose une explication voire une traduction, ainsi que le ou les départements d’origine. Le lecteur peu au fait de la diversité linguistique “française”, autant dire la plupart des gens, est tout naturellement invité à penser que le nom analysé par Jean-Louis Beaucarnot est un patronyme francophone, comme la majorité des noms de l’ “Ouest” qu’on lui soumet. Et voilà comment on efface subrepticement l’origine bretonne de nos noms de famille.

Aujourd’hui, ce monsieur étudiait le nom “Queffélec“. Il terminait son analyse par quelque chose comme  : “Ce nom de famille était en breton la bécasse” (de mémoire). Pour notre généalogiste, quand on parle de la langue bretonne, on le fait à l’imparfait. Autrefois donc, la bécasse s’appelait “Kefeleg” en breton. Quel mépris, quelle injure faite aux bretonnants. Car ce spécialiste ne fait ni plus ni moins que nous enterrer vivants, nous et notre langue. Monsieur le grand généalogiste, vous êtes un guignol.


West-Torch et le conflit social d’automne


 

Ah ! quelles belles valeurs que celles prônées par Ouest-France ! Défense de la démocratie et de l’humanisme, pluralisme, respect de l’individu… On vibre devant un tel désintéressement !

 

Excusez-moi d’y aller un peu crûment, mais Ouest-France se torche avec ses principes.  Pour être exact, ils font offices de vernis démocratique afin de mieux orienter les opinions et de diffuser ses valeurs chrétiennes réactionnaires. Rien de bien surprenant me direz-vous. Mais là où ça devient piquant, c’est quand les salariés eux-mêmes s’insurgent contre la ligne éditoriale à sens unique de leur journal. Au moment du conflit social de l’automne dernier, celle-ci a apparemment confiné à la caricature. Au point de susciter dans le Syndicat national des Journalistes Ouest-France une vive protestation. Voici le contenu du tract stigmatisant la ligne idéologique suivie par Hutin et ses acolytes : soutien à Sarkozy et sa politique, dénigrement et minimisation du mouvement social. Voici le contenu du tract publié le 25 octobre 2010 :

 

Tract du 25 octobre sur le mouvent social et sa couverture dans les colonnes d’Ouest-France.

Syndicat national des Journalistes Ouest-France

25 octobre 2010

Trop, c’est trop ! En ces temps de mouvement social de grande ampleur, nos éditorialistes attitrés s’affranchissent avec constance des principes mêmes sur lesquels le journal fonde sa culture, son image et la confiance de ses lecteurs.
Chaque matin ou presque, pour voler au secours de Sarkozy et de sa politique, la une affiche une ligne idéologique à sens unique.

Quand, à Ouest-France, ligne éditoriale et idéologie font bon ménage, le projet de réforme des retraites est présenté comme une évidence qui doit s’imposer à tout esprit sain et raisonnable. Sa contestation prolongée et résolue est d’une irresponsabilité coupable au regard des générations futures. La radicalisation du mouvement social met en péril l’équilibre économique et sape les fondements de notre démocratie. Le gouvernement, droit dans ses bottes, incarne l’ordre et la fermeté. Les opposants, eux, alors qu’ils ont le soutien de la majorité des Français, sont présentés comme divisés et sans projets sérieux.

Que deviennent le pluralisme, la défense de la démocratie, le respect du lecteur qu’Ouest-France brandit, à la première occasion venue comme son étendard ? Les consignes données aux rédactions par la hiérarchie sont sans ambiguïté : il faut restreindre la couverture des manifestations « pour éviter de lasser » le lecteur ; il importe de mettre l’accent sur les perturbations – lycées bloqués, stations services à sec… – et de donner surtout la parole « aux gens dont l’activité commence à être perturbée par le mouvement ».

Sur le terrain, de nombreux journalistes ont été interpellés par des lecteurs choqués et qui se sentent trahis. Dans nos rangs aussi, la colère s’exprime, comme lors de l’AG de la section Ouest-France du SNJ : « Qu’on arrête enfin de nous faire passer des choix idéologiques pour des choix journalistiques…, s’insurge une consœur. Non, les gens qui sont contre le mouvement social actuel ne créent pas un événement à couvrir au même titre que ceux qui manifestent ! » « Qu’on arrête d’essayer de minimiser l’ampleur de ce mouvement, en nous demandant de donner la parole à tout le monde, s’indigne un autre. Et l’édito de samedi, à qui donne-t-il la parole ? »

Le SNJ n’est pas opposé à l’expression d’opinions affirmées dans les éditoriaux. A condition que les points de vue divergents puissent s’exprimer à la même place. A condition que le traitement de l’actualité reste dans le cadre dont il n’aurait jamais dû sortir : celui d’une information honnête et équilibrée des lecteurs.

C’est pourquoi le SNJ mène un combat pour la reconnaissance, par la loi, de l’indépendance des équipes rédactionnelles, leur permettant de s’opposer collectivement à toute pratique porteuse d’un risque heurtant la conscience professionnelle des journalistes.


West-Torch / Ouest-France (3)

Carte tronquée du Duché de Bretagne issue de “Fouilles et découvertes en Bretagne” aux éditions Ouest-France

 

Teirvet destenn diwar-benn West-Torch. Homañ oa bet embannet ivez ‘ba Klask ha Distruj 2. Enni zo kaoz deus ur sondaj graet e miz meurzh 2009 gant West-Torch a-enep da Breizh hadunvanet.

Troisième texte au sujet de West-Torch, publié également dans Klask ha Distruj 2. J’y évoque le fameux sondage de mars 2009 grâce auquel West-Torch tentait d’enterrer la revendication de la réunification de la Bretagne.



Petites remarques sur les « surprises » du « sondage exclusif » sur la réunification

 

« Les surprises de notre sondage exclusif », voilà ce que claironnaient les affichettes Ouest-France du samedi 7 mars 2009…

Si la couverture du journal restait mesurée par le titre (« Une Région élargie ? Les Bretons partagés ») et par l’édito sibyllin de François Régis Hutin, la page dédiée au « sondage exclusif » avait tout l’air d’un cri de victoire. Le sous-titre annonçait le ton triomphal des articles à venir (« Une énorme surprise ! A une très large majorité, les habitants des quatre départements bretons ne souhaitent pas la réunification. Ceux de la Loire-Atlantique n’en veulent pas non plus »). Le semblant d’analyse région par région servait et se confondait avec une légitimation du découpage régional actuel, au bénéfice notamment de la région Pays de la Loire, apparemment plébiscitée par ses habitants (« A ce niveau de majorité, on peut y voir un réel attachement, une volonté de ne pas casser l’unité qui se construit depuis un demi-siècle »). Ouest-France l’avait calculé, son sondage allait mettre tout le monde d’accord, et faire pencher la balance du bon côté, le sien et celui de ses amis politiques partisans du statu quo.

 

Un sondage critiquable

 

Le recours massif aux sondages par les médias de masse actuels (dont Ouest-France) ne doit pas masquer la faillibilité de ce genre d’enquête, où le compromis entre fiabilité statistique et coût se fait souvent au détriment du premier. Les échantillons se révèlent ainsi faibles (499 en Normandie, 500 en Bretagne, 709 dans les Pays de la Loire, dont 300 en Loire-Atlantique). De même, la méthode des quotas utilisée n’est pas un gage de validité statistique. Dès lors, la moindre des précautions est d’émettre des réserves sur les enseignements à tirer, et de faire preuve d’une certaine mesure.

 Par ailleurs, l’absence étrange d’une catégorie « sans opinion » pose question. Le fait est que les « sans opinion » ont vraisemblablement été basculés avec les partisans du statu quo… contre toute rigueur scientifique (être « sans opinion » équivaudrait à une « préférence » pour en « rester à la situation actuelle » ?). Visiblement, tout a été mis en oeuvre pour donner un caractère « massif » à la préférence au statu quo.

La victoire de celui-ci était d’autant plus prévisible que la question du redécoupage territorial est polluée par divers éléments, au premier rang desquels la crise socio-économique actuelle. Pour beaucoup de gens, l’urgence est à la gestion de la crise et pas à la réorganisation territoriale, perçue comme une dépense superflue d’argent à un moment critique. L’enquête de Opinionway/Le Figaro/LCI publiée dans les colonnes du Figaro le 8 mars, le même jour que celle de O-F, ne disait pas autre chose : 53% des personnes interrogées sont opposées à la réduction du nombre de conseils régionaux de 22 à 15. Il est par conséquent évident que l’idée d’une réforme territoriale est impopulaire en ces temps de crise. A quoi s’ajoutent un désintérêt plus profond des gens pour une problématique qu’il faut bien qualifier de technocratique par bien des aspects, et des réflexes partisans de rejet à gauche du fait que ce soit un gouvernement de droite qui engage la réforme.

Et voilà comment on se retrouve avec une réunification normande souhaitée par 36% des Bas-Normands alors qu’ils étaient encore récemment 87,5% à y être favorable (sondage France3Normandie). Ou comment on se retrouve avec 27% de la population de Loire-Atlantique souhaitant la réunification, contre 67% y étant favorable en 2006 (sondage Ifop). De tels écarts ne sont pas dûs à un retournement de l’opinion publique sur le sujet, comme Ouest-France s’en réjoui, mais bien à la spécificité de l’enquête (cette fois, il y avait concurrence entre différents scenarii, alors

qu’auparavant on mesurait le niveau d’adhésion à un seul projet) et surtout à un faisceau d’éléments qui a plombé la question. S’il y avait bien un enseignement à tirer de ce sondage, c’est l’impopularité de la réforme territoriale engagée.

 

Une exploitation scandaleuse par Ouest-France

 

Sauf que les conclusions que tirent Ouest-France ne s’embarrassent pas de telles considérations. La victoire du statu quo est interprêtée comme un profond attachement des habitants de l’Ouest au découpage actuel. Ce n’est pas étonnant quand on sait que Ouest-France a soigneusement miné le terrain dans les deux semaines précédentes, en faisant la part belle aux réactions des opposants à la réunification de la Bretagne et en distillant savamment les prises de positions de ses « grandes plumes » (ainsi l’article de Didier Eugène, titré « Faut-il chambouler la cartes des régions ? », dont l’hostilité au redécoupage était déjà perceptible dans le titre).

Ouest-France exploite à fond et sans vergogne, de façon éhontée, les résultats du sondage pour asséner des conclusions, élevées au rang de vérités générales, et allant toutes dans son sens, celui d’un maintien des limites régionales actuelles. Petit florilège :

– « Région élargie : les Bretons ne sont pas partants »

– « A une très large majorité, les habitants des quatre départements bretons ne souhaitent pas  la réunification. Ceux de la Loire-Atlantique n’en veulent pas non plus »

– « Les habitants de la Loire-Atlantique ne seraient pas du tout prêts à rejoindre leurs « compatriotes ». »

– « Pour les Nantais, le château des ducs de Bretagne doit rester en Pays de la Loire »

– « A ce niveau de majorité [en Pays de la Loire], on peut y voir un réel attachement, une volonté de ne pas casser l’unité qui se construit depuis un demi-siècle. »

L’ogre médiatique ne fait pas dans la demi-mesure et vole littéralement au secours de Ayrault et de ses petits copains socialistes, pour légitimer le découpage régional actuel et défendre le territoire technocratique par excellence qu’est la région Pays de la Loire. Les responsables politiques partisans du statu quo n’ont plus qu’à s’engouffrer dans la brêche, sachant que Ouest-France se fait un plaisir de publier leurs réactions, pour tenter de disqualifier définitivement la revendication de la réunification.

 

La réunification de la Bretagne face à une muraille

 

Il fallait s’y attendre. Les progrès inattendus de cette revendication ces derniers temps, et les espoirs nés avec, ont été sévèrement douchés. La France jacobine, Ouest-France en tête, ne peut se résoudre à laisser se reconstituer la Bretagne.

Sans en faire un enjeu primordial (ce serait absurde en cette période de régression des libertés, de chômage massif et de spasme du système capitaliste), la question de la réunification de la Bretagne a néanmoins son importance. A travers elle, c’est de la dignité et du respect des Bretons, et des communautés culturelles et historiques en général, dont il est question. La partition de la Bretagne doit se comprendre comme un des aspects de la domination du pouvoir français sur la Bretagne, un des aspects du déni de sa spécificité, de la même façon que la dépossession de son histoire, de ses langues, de sa culture, et de tout développement autonome.

La logique qui a présidé à la séparation du Pays Nantais du reste de la Bretagne, sous Vichy en 1941 et ensuite en 1964 sous la 5e république, est d’ordre politique et idéologique, et peut se résumer en cette phrase : casser la Bretagne et l’empêcher de former une région viable. Cette partition est aberrante parce qu’elle défie les limites stables de la Bretagne historique à travers l’histoire, et elle est arbitraire parce qu’elle a été réalisée, et avalisée par la 5e République, sans aucune consultation populaire, et même contre l’avis des populations concernées. Il y a là un véritable problème de démocratie. Toute la mesquinerie de Ouest-France consiste maintenant à brandir un sondage pour défendre le découpage actuel, et donc l’injustice de la partition, tout en ignorant superbement depuis des décennies la volonté populaire de réunification.

D’autant que le temps faisant son œuvre, le découpage arbitraire s’installe dans les esprits, aidé en cela par les médias (Ouest-France en tête et les multiples médias dans son orbite) et par l’école bien sûr, où l’histoire de Bretagne n’est pas enseignée (l’élève, toute sa scolarité, aura vu des carte de France où la Loire-Atlantique ne fait pas partie de la Bretagne). Sans compter une partie importante du personnel politique en Bretagne, jacobin donc fondamentalement hostile à une Bretagne réunifiée, et l’ensemble des hommes et femmes politiques de la région Pays de la Loire, trop conscients qu’une désagrégation de leur région administrative signifierait la perte douloureuse pour eux de rentes de situation.

 

Ouest-France vient de montrer avec éclat, en orientant ce sondage à son profit et en espérant en faire une arme décisice dans le débat actuel (ce sont ses petits amis des Pays de la Loire, comme Ayrault et Auxiette, qui doivent être fous de joie), que les forces de l’immobilisme n’ont rien perdu de leur vigueur et sont prêtes à toutes les manipulations pour faire échouer cette revendication. On saura s’en souvenir.

 

mars 2009

 


West-Torch / Ouest-France (2)

‘Ba an destenn gentañ diwar-benn West-torch embannet amañ (ha ‘ba Klask ha Distruj Nnn 2) ‘dispennen West-Torch gant peder arguzenn :

1/ lonket ‘neus kazi tout ar mediaoù ‘ba an “West”. Tost int da gaout ar monopol.

2/ dorn-ha-dorn ‘vez gant ar bolitikourien veur ‘ba an West (rentañ ‘ra servij an eil reoù deus ar reoù all, hag ar c’hontrefed).

3/ esa ‘ra lakaat an “West” da vezañ ur vro, un dachenn idañtifiañ , diwar-goust Breizh en he fezh.

4/ journal ar relijion katolik eo.

Sed amañ dindan un tamm testenn ouzhpenn, embannet ivez ‘ba Klask ha Distruj Nnn 2, evit diskwel penaos ‘vez distroet ar wirionez gant West-torch.

Ce court texte est paru dans Klask ha Distruj No2, en complément du texte plus long sur Ouest-France déjà paru sur ce blog. Je critiquais le journal de François Régis Hutin sur quatre plans (le monopole, les collusions, l’Ouest, la religion catholique).


« comment ignorer et dissimuler ce qui dérange un peu trop » : manifestation du 28 mars 2009 à Rennes pour la régularisation des  sans-papiers.

 

Nous étions plusieurs centaines (400 d’après Ouest-France) cet après-midi-là place de la mairie d’abord, puis dans les grandes artères ensuite, à manifester derrières les banderoles des collectifs de soutien aux sans-papiers. A en juger par les drapeaux présents, les organisations libertaires y étaient massivement présentes (CNT surtout, FA, AL). Quelques drapeaux témoignaient de la présence plus limitée des Verts, du PCF et du NPA. En revanche, aucun emblème du PS…

C’est sur cette impression de « démonstration de force » des organisations libertaires qu’on découvre quelques jours plus tard l’article de Ouest-France relatant la manifestation (« 400 voix pour régulariser les sans-papiers »). Voilà comment est décrite la foule des manifestants : « Des membres d’associations comme le MRAP ou le CCFD mais aussi des partis politiques comme les Verts le PS et le NPA, des syndicats comme la FSU ou encore des collectifs comme celui de l’école Quineuleu ». Aucune mention n’est faite des organisations libertaires dans l’article, alors qu’elles étaient majoritaires. A contrario, le PS est cité et pourtant rien ne traduisait sa présence (on pouvait juste voir une poignée de jeunes socialistes portant leur badge).

On voit là, une nouvelle fois et de façon exemplaire,  le travestissement de la réalité opéré par Ouest-France (et les medias en général) pour passer sous silence les voix de la radicalité (que les Rennais ont pourtant bien entendu ce jour-là !) et mettre en avant le discours policée de la gauche « respectable ». Ouest-France, ce cher petit soldat de l’ordre en place…

 

avril 2009


West-Torch / Ouest-France

Sed aze dindan un destenn ‘ma skrivet evit Klask ha Distruj 2. Abaoe pell ‘ma c’hoant d’ober e jeu da West-Torch. Hir eo tamm bihan, met bern traoù ‘zo da lâret diwar-benn ar journal-se n’eus ket hini ‘bet all evitañ ‘ba an West.

Texte publié dans Klask ha Distruj 2. 


Ouest-France : « Pour Dieu, l’Ouest, la France et la thune »

Ouest-France est l’actuel leader de la presse quotidienne régionale (PQR) avec près de 800 000 exemplaires vendus par jour (8e rang en Europe). Bien plus qu’un simple quotidien, c’est un véritable empire qui s’étend à tous les médias (presse écrite, radio, télévision, internet) et ne cesse de phagocyter ce qui reste de concurrence sur son territoire, l’ « Ouest[1] ». Sa puissance de feu en est devenue terrifiante. Au point par exemple que ses sondages soient régulièrement repris par les plus grands médias français (ou parisiens, c’est pareil). Cette situation de quasi-monopole sur l’information locale et régionale dans l’ « West » lui octroie un poids considérable, notamment pour façonner et orienter l’opinion de ses lecteurs et des personnes soumises aux médias dans son orbite. Sa devise actuelle « Justice et liberté » paraît dès lors bien vide en regard de celle bien plus explicite des fondateurs, « Pour Dieu ! Pour le peuple ! Pour la France ! » (qu’on pourrait juste réactualiser et compléter en « Pour Dieu ! Pour l’Ouest ! Pour la France ! Pour la thune ! »).

1 L’empire

Créé en 1945 sur les cendres de Ouest-Eclair, le groupe Ouest-France était parvenu à être, à l’orée des années 2000, en position dominante sur le « Grantoueste ». En 2005, année décisive, l’empire comptait deux quotidiens (Ouest-France et la Presse de la Manche), 39 hebdos locaux (dont le Tregor, l’Echo de l’Armor et de l’Argoat, la Presse d’Armor…), la radio Hit-West, le gratuit 20 minutes, le site internet maville.com (qu’il vendait déjà à La Voix du Nord et Nice Matin), et divers magazines[2]. L’acquisition du pôle ouest de la Socpresse fin 2005 marque pour le groupe rennais le début d’un monopole de fait. Dans le paquet cadeau figurent trois quotidiens pesant en tout 200 000 exemplaires vendus par jour (Presse Océan basé à Nantes, Le Courier de l’Ouest basé à Angers, Le Maine Libre basé au Mans), deux imprimeries, une régie publicitaire et deux chaînes de télévision locale (Nantes7, Angers7). Le résultat est plutôt spectaculaire : presque toute la presse quotidienne lui appartient dans le « Big West » et il est un opérateur majeur de presse gratuite d’information ou d’annonces, de radios et télés locales, d’internet, et de presse hebdomadaire de proximité. Le chiffre d’affaire cumulé s’élève à 1 122 millions € pour l’année 2006, plutôt pas mal pour l’ « association [loi 1901 !] pour le soutien des principes de la démocratie humaniste », propriétaire absolu de Ouest-France[3].

Une telle concentration de médias locaux et régionaux, que le P.-D.G. François-Régis Hutin avait poliment qualifiée de « pluralisme atténué », offre des possibilités particulièrement intéressantes en terme d’économies d’échelle, de publicité (la concentration permet la diffusion d’une même annonce sur plusieurs supports, et la multiplication des ventes permet de valoriser le tarif des encarts publicitaires…), et en terme d’information (une même information peut ainsi être reprise à la fois par le quotidien principal et l’ensemble des quotidiens, le journal gratuit, le site internet, les télés locales…). Le pluralisme médiatique n’est dès lors plus qu’un lointain souvenir, ce dont se défend pourtant un Hutin se posant en sauveur de l’information et de la démocratie dans « Louèste » (comme à un comité d’entreprise début 2005, où il annonce sans rire qu’il faut « permettre la survie et, dans l’avenir, le développement des titres et des entreprises au service d’une information de qualité dans l’Ouest et avec la volonté de maintenir le pluralisme de cette information »).

Dernier rebondissement montrant l’appétit vorace de Ouest-France, on s’achemine à Nantes vers un rapprochement entre les deux télés locales. Nantes7, déficitaire et dans l’orbite de Ouest-France, lorgne sur Télénantes, association subventionnée par les collectivités. C’est le maire socialiste de Nantes lui-même, Jean-Marc Ayrault, qui, le 8 janvier dernier lors de ses vœux à la presse locale (presse dans le giron de Ouest-France), a déclaré contre toute attente œuvrer au rapprochement des deux télés locales (en faveur de Ouest-France donc). Tiens, tiens…[4]

2 Les collusions

Une telle prise de position d’un élu aussi important en faveur des visées hégémoniques de Ouest-France est loin d’être exceptionnelle. Le rachat du pôle ouest de la Socpresse avait déjà donné lieu à un florilège de la part des ténors socialistes, Ayrault en tête[5]. Le maire de Nantes avait ainsi déclaré dans… Ouest-France, édition du 24 septembre 2005, que Ouest-France était le meilleur repreneur pour les journaux du pôle ouest de la Socpresse. Dans les jours suivants, il avait été suivi dans son appui à la canditature de Ouest-France par le président socialiste du conseil général de Loire-Atlantique, Patrick Mareschal, ainsi que par le président socialiste de la région Pays de la Loire, Jacques Auxiette. Aucune critique, même formelle, sur ces phénomènes de concentration dans la presse, ne vint perturber le concert de louanges unanimes. Le pluralisme concentré à la mode Ouest-France ne pose visiblement pas le moindre problème à ces élus.

L’avantage qu’ils en tirent est évident. Soutenir Ouest-France dans ses démarches d’expansion, c’est bénéficier en retour d’une indulgence certaine de tous les médias à la botte de Ouest-France. On n’imagine pas en effet comment pourraient poindre des critiques envers ces ténors politiques aussi prompts à louer le groupe de presse. Chose plutôt appréciable quand on est aux affaires.

Un exemple manifeste des collusions entre Ouest-France et les élus est donné par le traitement que fait le journal d’une expulsion d’immigrés à Nantes en 2004[6]. Tout était fait dans l’article d’Ouest-France pour brouiller et minimiser les faits, justifier a posteriori la décision municipale d’expulsion par les forces de l’ordre de trois familles sans papiers réfugiées à la bourse du travail, diluer les responsabilités (celle du maire Ayrault en premier lieu, ayant pris la décision), et in fine, verrouiller l’information pour ne pas nuire à la stratégie de communication municipale. Nouvel épisode une semaine plus tard quand 200 personnes répondent à l’appel des associations de défense des sans papiers et s’invitent au premier débat de la semaine « Solidaire ici et ailleurs » à l’initiative de la municipalité, débat intitulé « Demandeurs d’asile, une chance pour Nantes » (non, ce n’est pas une blague). Pour Ouest-France, il ne s’est (presque) rien passé. Aucun article ne relatera le rassemblement et les échanges houleux. Juste une ligne dans un article sur le collectif de sans-papiers évoquera l’incident (« A Cosmopolis où démarrait la semaine, ils [les collectifs] ont fait entendre leur voix »). Ou comment ignorer et dissimuler ce qui dérange un peu trop…

3 L’Ouest

S’il est bien une question irritante pour Ouest-France (et pour le maire de Nantes !), c’est celle de la réunification de la Bretagne par le rattachement de la Loire-Atlantique. Au mépris de cette revendication qu’affiche Ayrault (il l’a encore qualifiée tout récemment d’ « anachronique »), s’ajoute la désinformation manifeste de Ouest-France sur le sujet. Quand 10 000 personnes battent le pavé dans les rues de Nantes comme en octobre 2008, Ouest-France minore (en s’alignant sur les chiffres de la police), dénigre (il n’est qu’à voir le texte hallucinant paru dans le courrier des lecteurs de l’édition de Nantes, intitulé « Nantes en Bretagne ? Des Nantais bien peu concernés… », d’un certain « M. Lucas, lecteur breton »), voire ignore purement et simplement (Nantes7, sa télé, « oublie » de parler de l’événement). En janvier de cette année, les journaux du groupe Ouest-France « omettent » de parler de l’invitation de l’association Bretagne Réunie à l’Elysée. De même quand le Conseil régional de Bretagne a renouvelé à l’unanimité sa résolution en faveur de la réunification et demandé à l’État de prendre l’initiative des consultations nécessaires, Ouest-France n’a pas jugé bon de porter cette information à la connaissance de ses lecteurs de Loire-Atlantique. Les exemples pourraient être multipliés. Et c’est le maire de Nantes qui doit être content.

Cette désinformation ne relève pas que de la seule volonté de s’attirer les grâces de Jean-Marc Ayrault. Ouest-France est foncièrement et ouvertement républicain (donc jacobin). Par conséquent, la région est intrinsèquement une menace, d’autant plus quand elle s’appelle Bretagne, que son identité est forte et qu’un retour du Pays Nantais la renforcerait significativement. Alors on l’appréhende exclusivement dans ses frontières administratives et on la marginalise en la traitant au détour d’une page avec principalement des faits divers d’intérêts purement local. Cette stratégie permet d’exclure un réel espace médiatique breton[7]. En effet, mettre trop en avant la vie politique, les problématiques et la culture bretonnes comporterait le risque de voir émerger un véritable espace d’information et de débat proprement breton, au détriment de l’ « Ouest » que Ouest-France s’échine à ériger en territoire médiatique et politique de référence. Entre le local et le « Gand West », pas de salut !

Dans cette perspective, Ouest-France met tout en œuvre pour légitimer cet espace virtuel qu’est « Loueste », afin de justifier la cohérence de son aire d’attraction. Systématiquement, l’ « weste » est mis en avant, au détriment de tout autre territoire d’identification. Les enquêtes d’opinions sondent les avis et pratiques de l’Ouest, les analyses politiques étudient le comportement électoral de l’Ouest, les études historiques se font dans les limites de l’Ouest (dernier supplément payant en date, « L’Ouest dans la Grande Guerre »), les résultats sportifs permettent de suivre les résultats des sportifs et des équipes de l’Ouest (avec des votes pour élire le meilleur sportif de l’Ouest), la démographie de l’Ouest est mise en avant (« Nous sommes 55 000 habitants de plus dans l’Ouest »), même le douteux concours miss France n’y échappe pas (« Miss France 2009 : Quelle miss de l’Ouest pour le titre ? »). Tout est mis à la sauce Ouest. Ou comment Ouest-France tente de créer ex nihilo, grâce à la seule magie médiatique, et à des fins commerciales, une identité archi-artificielle : l’identité « Ouest ».

4 La réaction catho-républicaine

Religiosité et amour de la France, voilà les deux éléments qui viennent constituer cette identité « humaniste » (Hutin se plait à le rappeler à tire-larigot) de l’ « West », et dont Ouest-France se charge de la transmission sur son territoire de prédication.

C ‘est une constante depuis sa création en 1899 par l’abbé Trochu et Emmanuel Desgrées du Lou, le quotidien Ouest-Eclair, puis Ouest-France, se veut la voix de la France cléricale. Il n’est qu’à voir la fréquence des articles sur des thèmes religieux, et particulièrement catholiques. Chaque fête du calendrier chrétien (Noël, Pâques…) donne lieu à des couvertures et des éditos, qui sont autant de prises de position sans ambiguïté en faveur de la religion. En outre, des dossiers exceptionnels (en terme de nombre de pages et d’articles consacrés) sont réalisés à l’occasion de chaque événement chrétien d’ampleur : décès du pape, élection papale, venue du pape en France ou dans l’Ouest, JMJ, etc.

De même, la République française est toujours mise en valeur et posée comme cadre de référence indépassable. Le régime politique et ses institutions ne sont donc pas, ou alors que de façon marginale, critiqués. Bien au contraire, Ouest-France n’hésite pas à voler au secours de la République dès que les mobilisations sociales se font un peu trop pressantes, comme lors des grèves contre la réforme des retraites en 2003[8], ou lorsque les lycéens et étudiants en lutte subissent des violences policières comme en 2007[9] (avec en l’occurrence le même procédé que pour dénigrer la manifestation pro-réunification citée plus haut : la publication de courriers de lecteurs très orientés et allant tous dans le même sens, à quelques nuances près). Ouest-France a de toute façon une forte prédisposition à ignorer les conflits sociaux (aucune ligne sur les luttes ouvrières des chantiers navals de l’Atlantique dans le dossier sur la sortie du Queen Mary 2, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes…[10]), voire à déverser sa bile sur la mouvance altermondialiste[11] .

On est dès lors pas très étonné du vibrant hommage auquel se livre Hutin dans son journal envers l’armée française (qui peut tout-à-fait se révéler être une excellente source d’information), à l’occasion de la cérémonie de présentation des chiffres de diffusion au groupe Ouest-France en 2004 à bord du navire-école porte-hélicoptère Jeanne d’Arc (« Nous leur avons dit, hier, toute l’admiration que nous-mêmes et nos lecteurs portons à la Marine nationale »…)[12].

Politique expansionniste et situation de quasi-monopole, collusions avec les ténors politiques, promotion d’une identité Ouest archi-artificielle, défense de l’ordre moral sous couvert d’humanisme, défense de l’ordre républicain et amour de la France… ne l’achetez plus, ce journal pue.

février 2009


[1] Je ne m’essaierai pas à une délimitation précise et définitive du « territoire » appelé « Ouest » ou « Grand Ouest », c’est impossible et cela n’en vaut de toute façon pas la peine. On se contentera de cette définition, valable seulement pour Ouest-France et les médias dans son orbite: « L’Ouest est un territoire artificiel aux limites mouvantes, situé à l’ouest de Paris et sur lequel est vendu le journal Ouest-France ». De la même façon, une autre définition s’impose pour France3 Ouest, qui ne recouvre pas le même Ouest : « L’Ouest est un territoire artificiel aux limites mouvantes, situé à l’ouest de Paris et sur lequel est diffusée la chaîne régionale France3 Ouest ». On pourrait continuer avec l’« Ouest » du réseau des universités Ouest atlantique, encore différent , ou la circonscription électorale « Ouest » aux élections européennes… et ainsi de suite.

[2] Lire « Ouest-France étend son empire », 2006, http://www.observatoire-nantais-medias.fr/article.php3?id_article=108

[3] Lire « François-Régis hutin – Big boss de Ouest-France – « au service de la démocratie et de l’humanisme » », 2008, http://www.acrimed.org/article2817.html

[4] Lire « Les socialistes vont-ils abandonner la télé locale de « service public » à Ouest-France ? », 2009, http://rousty.over-blog.com/article-27238752.html

[5] Lire « Les élus font l’éloge de l’empire Ouest-France », 2005, http://www.acrimed.org/article2187.html

[6]Lire « Des immigrés expulsés à Nantes, ou les recettes d’un verrouillage médiatique », 2004, http://www.acrimed.org/article1855.html

[7] Lire l’analyse de la promotion de ce territoire « Ouest », par Michel Nicolas p. 207-218, et particulièrement les pages sur Ouest-France p. 211-215, in Bretagne, un destin européen, PUR, 2001

[8] Lire « Ouest-France au secours de la République en danger », 2003, http://www.acrimed.org/article1133.html

[9] Lire « Violences policières : le courrier de Ouest-France ce matin fait vomir », 2007, http://mouvement.etudiant.nantais.over-blog.fr/article-14367624.html

[10] Lire « Alstom ou le retour des négriers !! », 2003, https://nantes.indymedia.org/article/1415

[11] Lire « Ouest-France et le Forum Social du Pays Nantais », 2003, http://www.acrimed.org/article1274.html

[12] Lire « Ouest-France, ce petit soldat du journalisme… », 2004, http://nantes.indymedia.org/article/3382