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La presse à la botte, la preuve par l’exemple

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Il n’est pas un jour maintenant sans tribune et communiqué à propos de la réforme territoriale. La tribune des “maires de l’ouest” parue lundi, appuyant la fusion Bretagne-Pays de la Loire, a déclenché une salve de réactions chez les partisans de la Bretagne historique (Bretagne Réunie, 44=Breizh, les bonnets rouges, Kevre Breizh, BZH network, Produit en Bretagne, etc). Les politiques les plus en vue sur le dossier ont également contre-attaqué, de (très) belle manière : les élus EELV, Marc Le Fur et le président du Conseil régional de Bretagne Pierrick Massiot. La lettre ouverte de ce dernier, intitulée Lettre à la Bretagne, est en tout point admirable. Elle est parue mardi dans la presse régionale bretonne.

 

On va constater qu’il est très instructif de comparer sur internet le traitement par les médias régionaux des tribunes respectives des “maires de l’ouest” et de Massiot. Lorsque l’on tape “maires de l’ouest fusion bretagne pays de la loire” dans google, voici les liens des médias et collectivités apparaissant en première et deuxième page :

Libération

France 3

Le Parisien

Ouest-France

France 3 Bretagne

Nantes Métropole

Le Telegramme

France 3 Poitou Charentes

Metronews

France 3 Pays de la Loire

Le mensuel de Rennes

Presse Océan

La gazette des communes

Ceci sachant que la tribune des quatre barons est publiée sur le site internet de Ouest-France, avec un article supplémentaire détaillant les arguments de ces-dits élus.

La même opération en tapant “Pierrick Massiot Lettre à la Bretagne” dans Google donne ceci :

7seizh

Le Parisien

France3 Bretagne

Bretagne.fr

44Breizh

Bretagne Réunie

On constate un traitement médiatique complètement inégal, en faveur des “maires de l’ouest”. Ouest-France et Le Télégramme, sur leurs sites internet, ne consacrent pas une page, pas une ligne à la tribune de Massiot. Si cette lettre ouverte n’avait pas été diffusée sur le site de la région, et reprise par les mouvements pro-réunification, elle n’existerait pas sur internet. Par ailleurs, aucun média présent en Loire-Atlantique n’a relayé l’existence de cette tribune (ni France 3 Pays de Loire ni Presse Océan ; pour la version départementale de Ouest-Torch, on leur fait confiance pour ne pas avoir publié la tribune). On prend là conscience du mur médiatique patiemment érigé entre Bretagne et Loire-Atlantique.

 

Ah, au fait, on se demandait aussi pourquoi Cuillandre défendait la fusion Bretagne-PDL, alors qu’un tel découpage renforcerait nécessairement la position excentrée de Brest. On vient de comprendre pourquoi. L’édile s’est fait élire lundi pour deux ans à la présidence du pôle métropolitain Loire-Bretagne (un machin qui met en réseau les métropoles des deux régions). On lui a fait son petit cadeau, le voilà bien au chaud.

 

Pour rappel, la liste des “élus de Bretagne” (tous socialistes) opposés à la réunification de la Bretagne historique, tout autant qu’à la proposition d’une Assemblée de Bretagne fusionnant les conseils généraux et le conseil régional :

Marylise LeBranchu (ministre à la fonction publique)

Pierre Maille (président du CG du Finistère)

Jean-Louis Tourenne (président du CG de L’Ile et Vilaine)

Claudy LeBreton (président du CG des Cotes d’Armor)

Bernard Poignant (conseiller du président)

François Cuillandre (maire de Brest)

Emmanuel Couet (président de Rennes métropole)

Johanna Rolland (maire de Nantes)

Nathalie Appéré (maire de Rennes)

David Samzun (maire de Saint Nazaire)

 

 

Des rassemblements sont prévus samedi à 16h00 à Brest et Nantes pour dénoncer ce déni de démocratie.

 

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La réunification de la Bretagne enterrée ?

GenaouienLa belle brochette de connards.

 

C’était évidemment trop beau. Il fallait se douter que les réseaux jacobins allaient réagir devant la perspective d’une réunification de la Bretagne historique. Pour l’idéologie républicaine, et ses nombreux laquais, la résurgence d’une telle entité historique représente une véritable abomination, la menace incarnée de l’unité du pays et de son fonctionnement hypercentralisé.

 

Pourtant, on pensait il y a quelques semaines assister à un véritable tournant historique. C’était d’abord les annonces sur l’accélération de la réforme territoriale et la réduction du nombre de régions. Puis, le magazine Challenges se procurait la carte à l’étude au ministère de l’intérieur. La Bretagne y est réunifiée. Et là, on se dit que le miracle est à portée de main. La manifestation de Nantes reçoit un écho médiatique important. Le conseil régional de B4 réitère officiellement la demande de rattachement de la Loire-Atlantique. Un sondage annonce que les Bretons sont partisans d’un rattachement de la Loire-Atlantique, et que les “Ligériens”(c) sont les moins favorables à l’unité de leur région. Les médias nationaux parlent du sujet. Beaucoup de signaux sont positifs.

 

Puis est venue la riposte. C’est France 3 Pays de Loire d’abord, subventionnée à hauteur de 300 000€ par an par la région PDL, qui fait purement et simplement disparaître un sondage sur son site internet indiquant 95% de votes favorables au démembrement des PDL. Jacques Auxiette ensuite multiplie les gesticulations pour défendre le périmètre de sa baronnie. Pour ce faire, il convoque le ban et l’arrière-ban des élus et autres subventionnés de la région des Pays de la Loire, pour vanter les réussites et la dynamique régionale. Une campagne de pub dans les médias nationaux, pour la somme de 300 000 €, dénonçant le démembrement annoncée de la région PDL, est ensuite lancée, en même temps qu’un site internet dédié. A cela s’ajoute les multiples interventions dans les médias locaux, à la botte, au premier rang desquels Ouest-Torch. Dernière bouffonnerie en date, avec la complicité de la sinistre ministre de l’environnement Ségolène Royal, l’annonce de la mise à l’étude de la fusion des régions PDL et Poitou-Charentes.

 

Si ce n’était que ça. Les réseaux jacobins de Bretagne se sont alors mis en ordre de bataille. Pierre Maille, Claudy Lebreton et Jean-Louis Tourenne, respectivement présidents des conseils généraux du Finistère, des Côtes d’Armor et de l’Ille et Vilaine, furent les premiers à dégainer. Leur tribune, destinée à sauvegarder leurs baronnies respectives, prenait explicitement position contre un redécoupage “identitaire” (entendre la réunification de la Bretagne) et pour l’Ouest, fusion de la Bretagne et des PDL. Bernard Poignant suivait de peu, lui l’ennemi acharné de la Bretagne et désormais conseiller à plein temps de Hollande depuis que les Kemperiz l’ont saqué, avançait l’idée encore plus farfelue d’une région “Ouest-Atlantique” comprenant Bretagne, PDL et Poitou-Charentes. L’idée a sans doute l’avantage à ses yeux de diluer davantage la Bretagne, jusqu’à en effacer le nom.

 

Hier enfin, alors que le journal La Tribune annonce le renoncement de Hollande à démembrer la Pédélie, vient d’être tirée la dernière salve. Les maires des quatre plus grandes villes de Bretagne, Nathalie Appéré pour Rennes, Johanna Rolland pour Nantes, Francois Cuillandre pour Brest et David Samzun pour Saint Nazaire, accompagnés du président de Rennes Métropole, Emmanuel Couet, battent le tambour et proclament à l’occasion d’une conférence de presse impeccablement relayée par la presse, leur voeu d’une fusion Bretagne-Pays de Loire. L’argumentaire relève du discours technocratique actuel sur la nécessité d’un développement des “métropoles” : on parle d’interconnexions et de réseaux entre grandes villes, de leur rôle en tant que locomotives, etc. Le reste du territoire, ils s’en foutent. Ou ils font semblant de s’en soucier. Ce qu’il leur faut à ces nouveaux caciques, c’est un cadre régional bien mou, bien flasque, pour bénéficier de la marge de manoeuvre la plus large possible. Et quand ils parlent de “solidarité territoriale”, il faut entendre développement forcené des métropoles et territoires ruraux à la remorque.

 

Laissons le mot de la fin à Johanna Rolland, jeune maire socialiste de Nantes adoubée par Jean-Marc Ayrault :

« Nous l’avons vu lors des dernières élections (européennes, NLDR), il devient urgent de rapprocher le politique et le citoyen. C’est à nous, élus locaux, de mettre en place cette réforme sans qu’elle ressemble à un espèce de mécano institutionnel compliqué ».

Et bien oui, chez les jacobins du PS, c’est comme ça que ça marche. Quand on veut rapprocher le “politique du citoyen”, on s’assoit sur l’opinion publique, largement favorable à la réunification de la Bretagne, et on invoque les fameuses et fumeuses coopérations interrégionales Bretagne-Pays de Loire. L’élection européenne vient de leur mettre une claque, mais visiblement ils n’en ont pas encore assez.

 

Du sac les socialos !


Autonomie et réunification de la Bretagne, vite !

 

L’édition du 3 février du Telegramme nous apprend qu’aucune université du Grand Ouest ne figure parmi les 8 campus sélectionnés par le ministère de l’enseignement supérieur dans le cadre de l’appel à projet du grand emprunt, les “Initiatives d’excellence”. Sans surprise, la moitié des universités retenues (4 sur 8) se situent en région parisienne. Le regroupement des universités bretonnes  sous le nom d’ Université Européenne de Bretagne (évidemment circonscrit aux 4 départements de la région administrative), n’a pas fait le poids et ne bénéficiera donc pas de la (grosse) part du gâteau : 7,7Md  € au bas mot pour faire des 8 campus choisis des pôles universitaires de rang mondial.

 

Comme à l’accoutumée, la Bretagne est ignorée du pouvoir central, et Paris continue de bénéficier à fond des financements publics. A force, ça en devient caricatural, et pourtant cela ne choque guère. Vu de Paris, c’est normal étant donné la situation périphérique de la Bretagne. Vu de Bretagne, c’est normal aussi, habitués que nous sommes, et nos élus s’en satisfaisant par médiocrité, a être privés d’un vrai développement régional. Ainsi fonctionne la République, championne de l’égalitarisme. Pour paraphraser Orwell, toutes les régions sont égales entre elles, mais l’une d’elles est (bien) plus égales que les autres.

 

Combien de temps encore devrons-nous accepter docilement que le présent et l’avenir de la Bretagne soient dictés par un pouvoir central qui nous ignore ? Quand verrons-nous les élus bretons, aboyant pour leurs intérêts locaux et frétillant la queue à l’idée de faire carrière à Paris, défendre véritablement les intérêts de la Bretagne et des Bretons ? Ma doue, que le CELIB est loin. Et pourtant, l’exemple des universités bretonnes recalées par l’Etat français nous le rappelle encore une fois, seule une Bretagne autonome et réunifiée, actrice de son développement, permettra d’inverser le processus de minorisation politique à l’échelle française.

 

Ces temps-ci l’on sent un frémissement en faveur de la réunification de la Bretagne, suite à l’amendement des députés Le Fur et De Rugy. Difficile de dire si l’issue en sera positive. Au moins, l’initiative a-t-elle le mérite de mettre le sujet sur le table et de clarifier le positionnement des uns et des autres. Mais les obstacles seront évidemment multiples. Réunifier la Bretagne, dans un pays qui a une peur panique des “revendications régionalistes”, ne va évidemment pas de soi. Le sociologue Pierre-Jean Simon le rappellait avec à propos dans son ouvrage La bretonnité, une ethnicité problématique, 1999 :

 

“Au maintien de cette région mutilée, cette région-croupion – en dépit de la géographie, de l’histoire, de l’économie et peut-être du simple bon sens -, à ce que certains ne craignent pas d’appeler le “dépeçage” de la Bretagne (et d’évoquer parfois à ce propos la partition irlandaise de l’Ulster), il paraît difficile d’avancer aucune justification qui ne soit directement politique et idéologique. Il s’agit assez clairement pour le pouvoir central d’éviter que se reconstitue la Bretagne d’autrefois sous la forme d’une région moderne qui par la réunion des cinq départements bretons serait susceptible de former un ensemble viable disposant d’un potentiel démographique et économique la mettant à l’échelle des régions européennes et la rendant de ce fait moins dépendante du centre parisien.” (p148, La bretonnité, une ethnicité problématique, 1999)


West-Torch / Ouest-France (3)

Carte tronquée du Duché de Bretagne issue de “Fouilles et découvertes en Bretagne” aux éditions Ouest-France

 

Teirvet destenn diwar-benn West-Torch. Homañ oa bet embannet ivez ‘ba Klask ha Distruj 2. Enni zo kaoz deus ur sondaj graet e miz meurzh 2009 gant West-Torch a-enep da Breizh hadunvanet.

Troisième texte au sujet de West-Torch, publié également dans Klask ha Distruj 2. J’y évoque le fameux sondage de mars 2009 grâce auquel West-Torch tentait d’enterrer la revendication de la réunification de la Bretagne.



Petites remarques sur les « surprises » du « sondage exclusif » sur la réunification

 

« Les surprises de notre sondage exclusif », voilà ce que claironnaient les affichettes Ouest-France du samedi 7 mars 2009…

Si la couverture du journal restait mesurée par le titre (« Une Région élargie ? Les Bretons partagés ») et par l’édito sibyllin de François Régis Hutin, la page dédiée au « sondage exclusif » avait tout l’air d’un cri de victoire. Le sous-titre annonçait le ton triomphal des articles à venir (« Une énorme surprise ! A une très large majorité, les habitants des quatre départements bretons ne souhaitent pas la réunification. Ceux de la Loire-Atlantique n’en veulent pas non plus »). Le semblant d’analyse région par région servait et se confondait avec une légitimation du découpage régional actuel, au bénéfice notamment de la région Pays de la Loire, apparemment plébiscitée par ses habitants (« A ce niveau de majorité, on peut y voir un réel attachement, une volonté de ne pas casser l’unité qui se construit depuis un demi-siècle »). Ouest-France l’avait calculé, son sondage allait mettre tout le monde d’accord, et faire pencher la balance du bon côté, le sien et celui de ses amis politiques partisans du statu quo.

 

Un sondage critiquable

 

Le recours massif aux sondages par les médias de masse actuels (dont Ouest-France) ne doit pas masquer la faillibilité de ce genre d’enquête, où le compromis entre fiabilité statistique et coût se fait souvent au détriment du premier. Les échantillons se révèlent ainsi faibles (499 en Normandie, 500 en Bretagne, 709 dans les Pays de la Loire, dont 300 en Loire-Atlantique). De même, la méthode des quotas utilisée n’est pas un gage de validité statistique. Dès lors, la moindre des précautions est d’émettre des réserves sur les enseignements à tirer, et de faire preuve d’une certaine mesure.

 Par ailleurs, l’absence étrange d’une catégorie « sans opinion » pose question. Le fait est que les « sans opinion » ont vraisemblablement été basculés avec les partisans du statu quo… contre toute rigueur scientifique (être « sans opinion » équivaudrait à une « préférence » pour en « rester à la situation actuelle » ?). Visiblement, tout a été mis en oeuvre pour donner un caractère « massif » à la préférence au statu quo.

La victoire de celui-ci était d’autant plus prévisible que la question du redécoupage territorial est polluée par divers éléments, au premier rang desquels la crise socio-économique actuelle. Pour beaucoup de gens, l’urgence est à la gestion de la crise et pas à la réorganisation territoriale, perçue comme une dépense superflue d’argent à un moment critique. L’enquête de Opinionway/Le Figaro/LCI publiée dans les colonnes du Figaro le 8 mars, le même jour que celle de O-F, ne disait pas autre chose : 53% des personnes interrogées sont opposées à la réduction du nombre de conseils régionaux de 22 à 15. Il est par conséquent évident que l’idée d’une réforme territoriale est impopulaire en ces temps de crise. A quoi s’ajoutent un désintérêt plus profond des gens pour une problématique qu’il faut bien qualifier de technocratique par bien des aspects, et des réflexes partisans de rejet à gauche du fait que ce soit un gouvernement de droite qui engage la réforme.

Et voilà comment on se retrouve avec une réunification normande souhaitée par 36% des Bas-Normands alors qu’ils étaient encore récemment 87,5% à y être favorable (sondage France3Normandie). Ou comment on se retrouve avec 27% de la population de Loire-Atlantique souhaitant la réunification, contre 67% y étant favorable en 2006 (sondage Ifop). De tels écarts ne sont pas dûs à un retournement de l’opinion publique sur le sujet, comme Ouest-France s’en réjoui, mais bien à la spécificité de l’enquête (cette fois, il y avait concurrence entre différents scenarii, alors

qu’auparavant on mesurait le niveau d’adhésion à un seul projet) et surtout à un faisceau d’éléments qui a plombé la question. S’il y avait bien un enseignement à tirer de ce sondage, c’est l’impopularité de la réforme territoriale engagée.

 

Une exploitation scandaleuse par Ouest-France

 

Sauf que les conclusions que tirent Ouest-France ne s’embarrassent pas de telles considérations. La victoire du statu quo est interprêtée comme un profond attachement des habitants de l’Ouest au découpage actuel. Ce n’est pas étonnant quand on sait que Ouest-France a soigneusement miné le terrain dans les deux semaines précédentes, en faisant la part belle aux réactions des opposants à la réunification de la Bretagne et en distillant savamment les prises de positions de ses « grandes plumes » (ainsi l’article de Didier Eugène, titré « Faut-il chambouler la cartes des régions ? », dont l’hostilité au redécoupage était déjà perceptible dans le titre).

Ouest-France exploite à fond et sans vergogne, de façon éhontée, les résultats du sondage pour asséner des conclusions, élevées au rang de vérités générales, et allant toutes dans son sens, celui d’un maintien des limites régionales actuelles. Petit florilège :

– « Région élargie : les Bretons ne sont pas partants »

– « A une très large majorité, les habitants des quatre départements bretons ne souhaitent pas  la réunification. Ceux de la Loire-Atlantique n’en veulent pas non plus »

– « Les habitants de la Loire-Atlantique ne seraient pas du tout prêts à rejoindre leurs « compatriotes ». »

– « Pour les Nantais, le château des ducs de Bretagne doit rester en Pays de la Loire »

– « A ce niveau de majorité [en Pays de la Loire], on peut y voir un réel attachement, une volonté de ne pas casser l’unité qui se construit depuis un demi-siècle. »

L’ogre médiatique ne fait pas dans la demi-mesure et vole littéralement au secours de Ayrault et de ses petits copains socialistes, pour légitimer le découpage régional actuel et défendre le territoire technocratique par excellence qu’est la région Pays de la Loire. Les responsables politiques partisans du statu quo n’ont plus qu’à s’engouffrer dans la brêche, sachant que Ouest-France se fait un plaisir de publier leurs réactions, pour tenter de disqualifier définitivement la revendication de la réunification.

 

La réunification de la Bretagne face à une muraille

 

Il fallait s’y attendre. Les progrès inattendus de cette revendication ces derniers temps, et les espoirs nés avec, ont été sévèrement douchés. La France jacobine, Ouest-France en tête, ne peut se résoudre à laisser se reconstituer la Bretagne.

Sans en faire un enjeu primordial (ce serait absurde en cette période de régression des libertés, de chômage massif et de spasme du système capitaliste), la question de la réunification de la Bretagne a néanmoins son importance. A travers elle, c’est de la dignité et du respect des Bretons, et des communautés culturelles et historiques en général, dont il est question. La partition de la Bretagne doit se comprendre comme un des aspects de la domination du pouvoir français sur la Bretagne, un des aspects du déni de sa spécificité, de la même façon que la dépossession de son histoire, de ses langues, de sa culture, et de tout développement autonome.

La logique qui a présidé à la séparation du Pays Nantais du reste de la Bretagne, sous Vichy en 1941 et ensuite en 1964 sous la 5e république, est d’ordre politique et idéologique, et peut se résumer en cette phrase : casser la Bretagne et l’empêcher de former une région viable. Cette partition est aberrante parce qu’elle défie les limites stables de la Bretagne historique à travers l’histoire, et elle est arbitraire parce qu’elle a été réalisée, et avalisée par la 5e République, sans aucune consultation populaire, et même contre l’avis des populations concernées. Il y a là un véritable problème de démocratie. Toute la mesquinerie de Ouest-France consiste maintenant à brandir un sondage pour défendre le découpage actuel, et donc l’injustice de la partition, tout en ignorant superbement depuis des décennies la volonté populaire de réunification.

D’autant que le temps faisant son œuvre, le découpage arbitraire s’installe dans les esprits, aidé en cela par les médias (Ouest-France en tête et les multiples médias dans son orbite) et par l’école bien sûr, où l’histoire de Bretagne n’est pas enseignée (l’élève, toute sa scolarité, aura vu des carte de France où la Loire-Atlantique ne fait pas partie de la Bretagne). Sans compter une partie importante du personnel politique en Bretagne, jacobin donc fondamentalement hostile à une Bretagne réunifiée, et l’ensemble des hommes et femmes politiques de la région Pays de la Loire, trop conscients qu’une désagrégation de leur région administrative signifierait la perte douloureuse pour eux de rentes de situation.

 

Ouest-France vient de montrer avec éclat, en orientant ce sondage à son profit et en espérant en faire une arme décisice dans le débat actuel (ce sont ses petits amis des Pays de la Loire, comme Ayrault et Auxiette, qui doivent être fous de joie), que les forces de l’immobilisme n’ont rien perdu de leur vigueur et sont prêtes à toutes les manipulations pour faire échouer cette revendication. On saura s’en souvenir.

 

mars 2009

 


La justice s’acharne contre les militants de la réunification

Ils avaient initialement été condamnés pour des barbouillages à 34200€ de réparation à verser à la SNCF et à la région des Pays de la Loire, 2 mois de prison avec sursis et 100h de TIG. Les 6 militants de 44=Breizh ont finalement écopé en appel le 13 juillet de 22500€ et de 2 mois de prison avec sursis…

Ils ont évidemment annoncé par conférence de presse qu’ils allaient se pourvoir en cassation, étant donné le montant exorbitant exigé. 

La volonté de briser la dynamique du mouvement 44=Breizh est manifeste. Et c’est maintenant que la solidarité doit s’exprimer. Un concert de soutien est prévu à Naoned à la maison de quartier de Doulon le 23 octobre :

Au programme :

Skalpel [la k-bine] + E. One [eskicit] + Akye [boykonsian] (rap militant)

Unité Mau Mau (hip-hop rap)

Gimol Dru Band (rock’n dru dérangé)

Trouz an noz (électro-punk)

Dj novice (rap-fusion)