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Pays de barjots

asselifafaffiche figurant François Asselineau, dirigeant du “parti” UPR

Agoravox est un site participatif où tout un chacun peut publier article d’opinion ou texte informatif sur à peu près n’importe quel sujet.  Du coup, on ne va guère s’étonner que divers courants politiques s’en servent comme tribune. Prenons un exemple. Les articles signés de militants du Front de Gauche recueillent en moyenne entre 70% et 80% d’opinions favorables. C’est le cas des articles que publie une certaine Ariane Walter, qui ne se cache pas d’être une véritable groupie de Mélenchon. Comment expliquer que des articles confinant à l’idolâtrie, flattant le sentiment national français, appelant régulièrement à défendre la Nation contre ses ennemis extérieurs (la mondialisation, l’Union européenne, l’anglais…) et intérieurs (nous !, les communautarismes…) soient autant plébiscités par les lecteurs d’Agoravox ? D’une part, on a certainement là un reflet de la crispation identitaire qui agite la société française actuelle. D’autre part, il semble que ce genre de sites participatifs soit sciemment colonisé par les militants de certains courants politiques (pas surprenant qu’un de mes articles n’est pas passé la barre de la validation, avec un collège de modérateurs aussi orienté).

 

Hier, c’est François Asselineau qui publiait une tribune assez hallucinante sur Agoravox, dont le titre donne l’eau à la bouche : Marie-Christine Blandin et EELV poursuivent le travail de sape contre la République française. Pour situer le personnage, voici ce qu’en dit un article paru sur reflets.info :

Prenons l’UPR. L’Union Populaire Républicaine, dirigée avec maestria par le formidable Asselineau : ce parti qui ne veut pas se définir véritablement à droite, veut traverser les courants et réunir des gens autant de droite que de gauche, a une certaine audience grâce à son chef, disons plutôt son gourou.

Un gourou ? Oui, un gourou : comme dans les sectes, l’UPR n’existe que par les analyses et conférences de son gourou. Le gourou disparaît, l’UPR disparaît. L’UPR a des croyances, comme toute secte qui se respecte. Et ce n’est que la croyance centrale qui motive l’UPR. Si dans une secte c’est la croyance que nous allons rejoindre un paradis sur une autre planète en priant le soleil et en se suicidant tous en chœur dans une forêt (le Temple solaire, par exemple), l’UPR croit qu’on peut enfin sortir du marasme politique et économique en quittant l’Europe et l’euro. C’est tout. Sans exagérer. Il suffit de suivre les propositions de l’UPR sur leur site, visionner des conférences du gourou, et vous saurez que :

1) Tous nos problèmes viennent de l’Europe, il faut quitter l’Union européenne
2) Pareil pour l’euro, il faut quitter l’euro
3) Tout peut fonctionner de nouveau super bien en suivant les points 1 et 2

Et comme l’UPR n’a pas de programme, puisque c’est une secte, ni véritablement d’engagement précis au delà de son dogme sectaire, et bien chaque question un peu tendue trouve une réponse par un système référendaire.

 

Et effectivement, à longueur de texte, on est invité à aller voir les conférences, extraits vidéos de conférence, et autres analyses écrites que nous propose Asselineau. Visiblement, multiplier les renvois vers sa littérature est pour lui le moyen d’économiser le travail d’argumentation :

Comme je le rappelle dans ma conférence “Mais où est passée la République française ?”, le « sang impur » dont parle notre hymne national ne désigne nullement le sang d’ennemis étrangers mais, tout au contraire, le sang du peuple français qui est prêt à mourir en martyr pour défendre sa liberté nouvellement conquise.

 

Le “sang impur” serait donc celui du peuple français qui meurt en martyr. On pouffe de rire devant la démonstration. Il se lâche ensuite sur la carte ci-dessous, trouvée sur le site d’EELV :

 

KartennFrañsEELV

Comme je l’ai fait remarquer dans ma conférence, cette carte viole effrontément la première ligne de l’Article Ier de la Constitution de la République française, qui dispose que “la France est une République indivisible”.

La fusion des départements alsaciens, savoyards et corse, la réunification de la Bretagne, la création de collectivités basque et catalane… ça ne va pas chercher bien loin, et pourtant, pour Asselineau, c’est déjà une déclaration de guerre contre la France ! S’ensuit un passage assez flippant où le fada de l’UPR n’hésite pas à jouer l’inquisiteur :

 

La publication d’une telle carte sur le site Internet officiel d’un parti politique qui compte 2 ministres au gouvernement (Cécile Duflot et Pascal Canfin) aurait dû, si les mots et le droit constitutionnel ont encore un sens, valoir le renvoi de ces deux ministres et le lancement de poursuites judiciaires contre leur parti politique pour atteinte contre la sûreté de l’État.

 

“Atteinte à la sûreté de l’Etat”, rien que ça ! On rit un peu jaune quand on imagine ce qu’un Asselineau parvenu au pouvoir (au passage, il a été directeur de cabinet de ministres du gouvernement Juppé et proche de Charles Pasqua) serait capable de faire contre les “séditieux” visant à “détruire la République française”.

L’article de François Asselineau pointe, à l’heure où j’écris ces lignes, en deuxième place des articles les plus lus. Le nombre de commentaires atteint le chiffre ahurissant de 335. Et surtout, surtout, il recueille 77% d’opinions favorables (avec un total énorme pour Agoravox de 106 votants). Oui, plus de trois-quarts des votants a acquiescé à l’argumentaire et à la vindicte de cet individu.

Quand je parlais d’un pays de barjots…

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Internet, nouvel outil d’abrutissement des masses

Je suis tombé il  y a peu sur un excellent article, Internet ou le stratagème des chaînes  (écrit par un Nantais, soit dit en passant). Bien qu’il soit long, le style simple le rend très agréable à lire. Sur l’argumentation, pas grand-chose à redire, elle est redoutablement efficace. L’idée conductrice est qu’Internet, par l’influence grandissante et discutable qu’il occupe dans nos vies, ne représente pas moins que le nouvel outil d’abrutissement des masses, venant efficacement compléter la lobotomie télévisuelle à l’oeuvre depuis quelques décennies déjà :

“Cependant, le plus préoccupant dans cette affaire est le fait qu’en dépit de la popularité croissante du Net, la télévision ne recule pas tant que cela. Ce qui signifie que l’on passe en moyenne autant de temps sur l’un que sur l’autre.”

Les bienfaits tant vantés du net (connection au monde, communication facilitée, totale autonomie dans la navigation, richesse presque illimitée du contenu, etc.) sont à relativiser fortement face à une série de problèmes qui se pose. Au premier rang d’entre-eux, la place prépondérante qu’occupe le divertissement,  tel qu’imposé et défini par la société capitaliste, nous maintenant jusque dans le monde virtuel dans notre rôle de consommateurs dociles  :

“Pendant qu’on regarde sur le net des types bourrés, des blagues imbéciles, les résultats sportifs ou des bonnes femmes à poil, on ne lit pas, on ne veille pas à ses intérêts politiques ou économiques, on ne voit pas d’amis, bref, on ne fait rien d’utile à aucun point de vue. Le Net tue le temps… NOTRE temps.”

De plus, il est maintenant acquis qu’Internet est un outil de contrôle et de surveillance des populations inégalé, dont nous sommes loin d’avoir pris consciences des conséquences éventuelles.

 

Enfin bref, l’article est très complet et est à lire d’urgence pour quiconque veut garder prise sur ce média qui envahit progressivement toutes les sphères de notre vie. 

 

 


Facebook, mevel ar Stadoù

19 milion a dud ‘deus ur c’hont Facebook ‘ba Bro-C’hall ! Ar pezh a ra un den diwar tri. En deiz-a-herie, ma ‘nez c’hoant an nen da heuliañ ar c’hiz hag ober evel an dud all ‘vez ret dezhañ kaout e gont Facebook. Ha mont an aliesañ ma c’hallo da welet penaos ‘mañ kont war e bajenn. Renkout a raer ober gant ar Facebook-mañ, ha koulskoude ‘vanka amzer da toud an dud dija ! Ret eo anzav memes tra ‘vez aezetaet labour ar strolladoù politik, kevredigezhioù, ha me oar-me. Kalz tud a bop sort a c’haller tizhout drezañ, pezh zo tamm diaesoc’h ‘ba ‘r vuhez gwir pa chomer ‘maez ar mediaoù bras. Feiz, se ‘meus klevet komz, met n’on ket evit lâret peogwir n’an ket war Facebook.

N’eo ket se ar washañ ‘hat. Abaoe un tamm amzer (pelloc’h marteze, se ‘oaran ket), ‘glevan komz deus kontoù sañsuret gant Facebook. Daou viz ‘zo ‘soñj din oa bet diverket hini Sare Antifaxista, an antifachisted bask. Daout petra oa tamallet dezhe ? N’eus ket a voaien da c’hoût, peogwir n’houlle ket tud Facebook lâret petra oa kaoz. Chomet oant mut.

Div sizhun ‘zo oa arruet kement-all da Forom ar pobloù a stourm (Forum des Peuples en lutte). O fajenn oa bet sañsuret hep ma oa bet roet dezhe an disterañ abeg pe digarez. Piv zo bet o klemm ? Dam da betra ? N’eus ket ‘met esa divinout a c’hallamp ober, ha se an hini eo zo spontus : forzh piv, forzh petore strollad ‘c’hall bezañ skarzhet hep goût petra zo kaoz ! Feiz, n’eo ket forzh pereoù ‘vez sañsuret evel just. An daou skwer a gaozean dionte ‘deus soñjoù enep d’ar Stadoù spagnol ha gall… soñjoù sort-se n’eus ket droed da lâret anezhe war Facebook ? Doujañ deus ar Stadoù-se renkamp ober evit bezañ war Facebook ? Fidedoulle, n’on ket prest da foetañ ma amzer gant ar c’hozh Facebook-se !

Ma vezet war Facebook, pe ma ne vezet ket, emañ an traoù-se da c’hoût memestra !

Facebook affectionne la censure. Que ce soit les antifascistes basques ou le Forum des Peuples en lutte, récemment censurés sans raison, il ne fait pas bon montrer sur Facebook son opposition aux Etats, français et espagnol en l’occurence.


Wikipedia brezhonek

Moarvat vo tud displijet gant pezh ‘h an da lâret. A-benn neuze ‘do ket ‘met lâret o soñj, prest on da gomz gante ha da cheñch soñj.

Hegaset on tamm bihan o welet an nerzh hag an amzer ‘h a digant tud ‘zo evit treiñ ha sevel testennoù evit ar Wikipedia brezhonek. Poan ‘meus o kompren da betra servij. Alies a-walc’h ‘klevan eo ar brezhoneg war-dro an 50vet yezh war wikipedia, evit an niver a destennoù. Dreistordinal eo pa weler stad ar yezh ‘ba r vuhez wir. Met se dalv ‘zo tud hag a dremen bern amzer gant se. Ha ‘non c’houl ‘ran hag-eñ n’eo ket se ar pal pennañ : gonit plasoù, bezañ er renk uhellañ posubl, diskwel evel-se e chom bev ar brezhoneg.

Din-me, kas ar brezhoneg da n’onn ket petore renk war wikipedia ‘zo didalvez ken ‘h eo. N’eo ket war internet zo pres war an traoù. Piv e-touez ar vrezhonegerien a implij Wikipedia brezhonek ? Nebeud nebeud ‘meus aon. Me ma-hunan ‘ran ket. Ha n’on ket direnket o implij Wikipedia gallek. Ar pouezusañ ‘mañ ket aze. N’eo ket war internet a vo derc’het ar brezhoneg en e sav.

Derc’hel a ra ar brezhoneg da goll tachennoù ‘ba ‘r vuhez wir. War baouraat ‘h a peogwir n’eus ket ‘meur a darempredoù etre ar vrezhonegerien yaouank hag ar re gozh. Aze ‘mañ an dalc’h, ha ‘mañ ket war internet. O kaozeal omp deus saveteiñ ar brezhoneg. Se dalv deskiñ ar yezh, kaozeal hag implij anezhi an aliesañ ma c’hallomp, aozañ degouezhioù hag ivez adkrouiñ liammoù etre ar rummadoù…

Ha da gentañ tout ‘mefe c’hoant da lâret : roomp bec’h evit peurdeskiñ ar brezhoneg digant ar re gozh a-raok koll hom amzer gant e blas hag e renk war internet. Drailhañ brezhoneg evel ‘ra re a dud nevez desket ar yezh gante zo divalav. Saveteiñ ar brezhoneg eo se ivez : kaozeal ur yezh vrav, binvik… labour ‘zo bern aze evit kement den ‘neus c’hoant da lakaat ar brezhoneg en e sav. Brezhonekaat Internet ‘zo koll amzer e-keit-se. ‘gav ket dac’h ?

Wikipedia en breton… je suis sceptique sur l’intérêt de dépenser beaucoup de temps et d’énergie à développer un tel outil, quand l’urgence est à mon avis ailleurs (apprendre, se perfectionner, collecter, retisser des liens sociaux en breton…).