Category Archives: Bideoioù / Vidéos

ETA / IRA

 

Evit ar bloaz ‘neus disklaeriet ETA eo achu gant ar stourm armet. Sell aze un tamm bideo d’enoriñ rezistanted Euskal Herria hag Eire. Ur bern dioute zo toullbac’het, teir zo ‘ba Roazhon c’hoazh. Ar son zo deus Berri Txarrak, “Denak ez du balio”.

Advertisements

Ils ont des chapeaux ronds…

 

C’est quelque chose que j’ai remarqué depuis quelque temps déjà, et qui me frappe particulièrement lorsque j’ai l’occasion de me rendre dans les stades importants du football  breton (Brest, Gwengamp et Roazhon). Il n’existe absolument aucun chant, spécifiquement breton, qui soit connu par l’ensemble des Bretons. La finale de la coupe de France 2009, opposant les équipes de Roazhon et Gwengamp, en avait offert la démonstration claire. Aucune chanson en breton ou en gallo, aucun chant en français un tant soit peu identitaire, pas même l’hymne breton “Bro Gozh Ma Zadoù”, n’avait été repris à l’unisson par un stade pourtant colonisé par les Bretons. Le même constat peut être fait en dehors des stades de foot. Dans les fêtes locales, les évènements familiaux, les rassemblements populaires, les Bretons ne partagent pas la moindre chanson en commun.

 

Sauf une, évidemment, la pitoyable “Ils ont des chapeaux ronds”. Il me semble que c’est la seule chanson, sur la thématique bretonne, dont tous les Bretons connaissent les paroles (enfin, juste le refrain, faut quand même pas pousser), et qui soit aussi la seule a être entonnée pour marquer sa “fierté” d’être breton. C’est notamment le cas lorsque des Bretons se retrouvent en piste à l’extérieur de la Bretagne, et que, bien imbibés, ils se laissent aller à une démonstration ostentatoire de leur identité. On n’est pas loin de toucher le fond, quand les Bretons n’ont plus que le refrain d’une chanson paillarde pour afficher leur différence. Au-delà du constat affligeant, cela illustre combien l’identité bretonne repose actuellement de plus en plus, notamment chez les jeunes, sur des pratiques “culturelles” pathétiques, au premier rang desquelles figure la biture collective.

 

Plus généralement, le fait qu’il n’y ait pas le moindre chant breton dont la connaissance soit générale en Bretagne (à comparer avec la richesse de la pratique traditionnelle du chant en Bretagne, et de pratiques actuelles de chant collectif comme au Pays Basque), doit amener à s’interroger sur ce que les Bretons partagent aujourd’hui en commun, particulièrement sur le plan culturel. Cette question est à mon sens importante, à un moment où le lien social n’a jamais été autant mis à mal. Je me pencherai plus longuement sur cette question dans un futur post.


Trouz an noz : Unan all

Trawalc’h a gozh kaozioù. Arru eo poent selaou un tamm sonerezh, mat mar plij ha gant skeudennoù da heul. Ar strollad Trouz an Noz an hini eo. Emichañs e rey plijadur deoc’h. Din-me ra bepred !


Jean-Claude Michéa sur France Culture


Suite à la sortie de son dernier livre, “Le complexe d’Orphée”, le philosophe et essayiste Jean-Claude Michéa était invité hier jeudi sur France Culture.  C’est l’occasion de découvrir ce penseur radical, qui articule critique marxiste du système capitaliste et, ce qui en fait son originalité et son grand intérêt, critique de la “religion” du Progrès. Il s’inscrit dans la droite ligne du socialisme prôné par l’intellectuel anglais Georges Orwell (l’auteur de “1984”), auquel il emprunte et prolonge la notion centrale de “common decency”, la “décence ordinaire” des classes populaires. Bref, c’est un auteur particulièrement stimulant qui figure en bonne place parmi mes références théoriques. La chronique qu’en a fait Brice Couturier lors de la matinale de France Culture, même si elle se veut critique in fine, devrait achever de convaincre les plus sceptiques 😉

Laissez-moi tout d’abord, cher Marc Voinchet, exprimer le bonheur que me procure ce matin, la possibilité de dialoguer avec Jean-Claude Michéa. Je considère en effet cet auteur, et depuis longtemps, comme l’un des penseurs les plus radicaux et les plus originaux de la scène intellectuelle française. Avec lui, les repères trop faciles avec lesquels, nous autres média, croyons border le champ, volent en éclats. Et c’est tant mieux.

Socialiste ? Conservateur ? Populiste ? Michéa est sans doute tout cela à la fois et encore bien d’autres choses.

Michéa ne se reconnaît guère qu’un seul inspirateur, et c’est George Orwell. Son dernier livre, “Le complexe d’Orphée” (Climats) peut, du reste, se lire comme une réflexion critique sur l’état intellectuel de la gauche française à la lumière de la pensée orwellienne. Mais si je devais lui trouver un devancier au sein du mouvement socialiste dont il se réclame, je pencherais pour l’auteur de “Le socialisme des intellectuels”. Jan Waclaw Makhaïski, tel était son nom, écrivait, au début du XX° sicècle, que le socialisme était devenu l’idéologie des intellectuels, désireux d’exercer, au nom de leurs compétences et de leur rationalité, leur propre dictature sur la classe ouvrière. La logique de Michéa, c’est celle de ce qu’on appelait “l’autonomie ouvrière” face à une logique, politique, de rassemblement des forces de gauche.

Car si Michéa mène, contre le libéralisme, une offensive d’autant plus dévastatrice que – à la différence de la plupart des autres – elle est assez bien informée de son objet, son autre cible, ce sont les courants à la mode qui, s’imaginant combattre le libéralisme, le prolongent en réalité.Car pour Michéa, c’est toute la pensée progressiste de gauche contermporaine qui relève en fait du libéralisme.

Michéa bataille contre cette idéologie, devenue obligatoire, qui nous contraint à considérer favorablement toute nouveauté et à mépriser le passé, à vivre sans héritage ni horizon de sens partagé. Pour lui, c’est la modernité elle-même, avec sa consommation frénétique d’un présent perpétuel, son agitation stérile et sans direction, qui est le couronnement du libéralisme.

La posture avant-gardiste est désormais occupée par une intelligentsia qui, comme le monde de la finance lui-même, valorise la transgression et se moque de la décence des “gens ordinaires”. La ruse de cette pseudo-avant-garde, consommatrice effrénée de pseudo-nouveautés, consiste à feindre de contester le capitalisme en s’attaquant à son “conservatisme”.

Mais Marx lui-même avait bien vu, dès les débuts de la révolution industrielle, que le capitalisme est une force de bouleversement – et non de conservation -, qu’il met tout en mouvement, ne laissant rien ni personne en repos ; qu’il ébranle les fondements de tout ordre stable, sape les communautés traditionnelles, ruine la morale usuelle.

Les choses se sont notablement aggravées depuis que la révolution culturelle des sixties a convergé avec la révolution économique des années Reagan. Depuis, comme l’écrivait Daniel Bell, dans “Les contradictions culturelles du capitalisme”, “l’hédonisme, l’idée de plaisir comme mode de vie, est devenu la jsutification culturelle, sinon morale, du capitalisme.”

Idem pour le refus des frontières, des cultures particulières et locales. Pour Michéa, le culte de l’errance, du déracinement, le modèle du “nomade connecté”, qui inspire les élites mondialisées, ainsi que le remplacement, au Panthéon de la gauche progressiste, du prolétaire par le migrant, sont des effets logiques de la révolution libérale.

Mais si c’est toute la gauche qui doit être taxée de “libérale” – et Michéa y inclut Toni Negri et Alain Badiou ! – comment sortir du libéralisme ? Qui pourrait bien se rapprocher de l’idéal d’un socialisme qui serait du côté de “la décence des gens ordinaires” prônée par Orwell – et non de la transgression esthète des normes et de la négation des valeurs ? Seriez-vous tenté, Jean-Claude Michéa, par “l’ordre juste” de Ségolène Royal ?


Daoust piv ‘harzo Nolwenn “Magerez” Leroy ?

Abaoe 7 sizhunvezh ‘h eo ar bladenn “Bretonne” an hini muiañ-gwerzhet ‘ba ‘r Frañs. Prestik vo bet prenet ouzhpenn 300 000 dioute, ‘ba ‘r magajinoù ha war internet. Ouzhpenn 1,4 milion a dud ‘deus sellet deus ar video a-us. Bet eo n’eus ket pell zo ‘ba ‘r 26vet plas ‘ba renkadur ar pladennoù gwerzhet dre ar bed. Ha krog eo da hadenrollañ he fladenn ‘ba Londrez evit gwerzhañ ‘ba ‘n estren-vro bremañ… Fidedoulle biskoazh kement-all ‘hat ! Aze zo un dra bennak da gompren memestra.

Lâret a ran deoc’h diouzhtu, n’on ket o vont da chaokat warni evel e ra darn. Ka ‘ran brav gwelet anezhi obert kement-se berzh. N’eo ket peogwir on sot ganti, a-boan din anavezout anezhi hag ar pezh ‘deus graet. Bretonez ha plac’h ar Star’ac, sed aze tout pezh ‘ouvezen diwarni. Memestra oa ret bezañ kourajus a-walc’h evit krediñ ober ur bladenn a-sort-se. Sonioù deus Breizh ha deus ar broioù keltiek, goude ma ‘h int mil-anavezet ha kaer… piv ‘nije pariet e vije bet kement-se a dud ‘r Frañs o prenañ ur bladenn “rejional” e-giz-se ?  ‘Meus aon zo bet un toullad mat a dud estonet.

Gwir eo ‘mañ ar ganerez o tastum arc’hant evel ober glav. Gwir eo e kan ar sonioù en he stumm dezhi, dishañval a-walc’h deus ar reoù zo bet a-raoki evel Alan Stivell. Met fidambie, n’eo ket bemdez e klever “hom” ganaouennoù ‘ba ‘r mediaoù gall (ya, ar sonioù-se eo ar reoù a zo bet koñsakret gant pobl Vreizh). N’eo ket alies e klever brezhoneg ha gallaoueg ‘ba Bro-C’hall, ha neubeutoc’h c’hoazh marteze tud anavezet-kaer evelti o tivenn yezh ar vro. Hon zo krog da deskiñ brezhoneg abaoe un toullad mizioù en Pariz. Ur sakre skwer ‘h eo. Hag ‘h omp o vont da glemm ?

Dont a ra da soñj din ‘ba ‘r film “Bienvenue chez les Ch’tis” deus Dany Boon. Ken dic’hortoz all oa bet ar berzh ‘na graet (ouzhpenn 20 milion a dud oa bet o welet anezhañ). Moarvat e tiskwela daou dra : da gentañ ne choma ket kalz tra deus ar sevenadurioù “bihan” e-mesk an dud ; ur mank bennaket zo neuze, ha se ‘zo kaoz ‘deus ezhomm muioc’h ar Frañsizien da hadstagañ deus o gwriziennoù. Darn dre ar film”Bienvenue chez les Ch’tis”, darn all dre ar bladenn “Bretonnes”. Levr Herve Lossec, “Les bretonnismes”, zo tamm bihan memes tra ivez. Troet e vez an dud muioc’h war o idantelezhioù “bihan”, yezhoù, sevenadurioù hag all… pa ‘h aint da fall prim-ha-prim bremañ.


Sonerezh brezhonek war Tracks

N’eo ket alies ‘vez kaoz deus sonerezh Breizh ‘ba mediaoù ar Frañs ! Tracks, abadenn Arte, ‘neus graet un tamm reportaj diwar-benn strolladoù hag a ra musik a-vremañ en brezhoneg. Pevar strollad zo kaoz dionte : Plantec (fest-noz / metal), Ramoneurs de Menhir (punk), Trouz an noz (punk), Gimol Dru Band (funkyp-hop punk’n’roll… ya, sakre meskaj hemañ !). Drol a-walc’h eo ton an abadenn, ur sell ekzotik a-walc’h ‘vez taolet  war ar sonerezh brezhonek… Memes tra e c’haller klevet un nebeud sonerien o kaozeal (en brezhoneg evit unan deus Gimol Dru Band !), ha traoù mat ‘laront. Ur reportaj digustum ha plijus a-walc’h koura !


CNN a gaoze deus ar brezhoneg / CNN s’intéresse au breton

O vervel didrouz ‘mañ ar yezhoù ‘ba ‘r Frañs, ha n’eus ket kalz tud direñjet gant se. Soñjal ‘ra da lodenn vrasañ an dud ‘mañ warne mervel, traoù kozh deus an amzer a-wezhall ma ‘h int. ‘Ba an estren-vro n’eo ket memestra. Gwirionez ar Republik n’eo ket hini ar broioù all. Ka ‘ra drol ha digomprenabl an estrañjourien ‘vije bet dic’hastet ar brezhoneg ken fonnus-se. Un neubeud mizioù goude Al Jazeera ‘h eo CNN a laka ar gaoz war ar brezhoneg… ha moarvat ne vo ket ar reoù diwezhañ da sellet a-dost deus ar “vurzhud”-se !

Reportaj CNN :

http://i.cdn.turner.com/cnn/.element/apps/cvp/3.0/swf/cnn_416x234_embed.swf?context=embed_edition&videoId=international/2010/12/13/hooper.breton.language.cnn

 

Reportaj Al Jazeera :

 

Après Al Jazeera il y a quelques mois, c’est maintenant CNN qui nous fait l’honneur de se pencher sur la langue bretonne. Comment expliquer un tel intérêt de médias aussi prestigieux envers notre pauvre langue malmenée, alors que les médias français s’en contrefichent ? Comment se fait-il que ce qui semble ici normal, inéluctable, et au fond nécessaire, c’est-à-dire la disparition programmée des “patois” de France, attire l’attention de télévisions d’envergure mondiale ?

J’ai malheureusement la conviction que ce qui les attire, c’est ce processus un peu hallucinant pour le monde occidental, et peut-être pour le monde tout court, qui a conduit une communauté linguistique d’environ un million de personnes à abandonner sa langue en l’espace d’un siècle, et ce sans violence physique. De ce point de vue, le cas breton est certainement un cas d’école. Je ne vois guère que l’exemple de l’occitan pour venir nous concurrencer dans cette triste exceptionnalité. Mais peut-être y a-t-il d’autres exemples ?

En tout cas, cette réflexion, je me l’étais déjà faite, et là j’ai l’impression d’avoir une confirmation avec cet intérêt inattendu de CNN et Al Jazeera.  Et je parie que ce n’est que le début. Je ne serais pas étonné que dans les années qui viennent, de plus en plus de chercheurs et de médias internationaux se rendent en Bretagne pour étudier ce phénomène de “suicide” linguistique assez impressionnant. Et il y a toutes les chances pour que ce tableau assez pathétique brossé de l’extérieur soit renforcé par l’image que renvoie le militantisme en faveur du breton, méritant certes mais marginal et non dépourvu de fâcheuses tendances homogénéisatrices.

 

Qu’est-ce qui est interrogé au final par cette présence de médias internationaux en Bretagne, si ce n’est l’adhésion, ou plutôt l’obéissance et la soumission proprement stupéfiante des Bretons à l’ordre républicain ? Il me semble que la réponse à cette énigme réside au fond dans cette idée tellement ancrée en France d’un Etat qui serait incarnation de la Raison, du Progrès, des valeurs civilisées, et des autres mythes républicains… Difficile de désobéir dans ce cadre !


Euskal Gestapoa

Ur pred ‘ba Zarautz (Gipuzkoa, EH) evit digemer ur prizonier politikel nevez dieubet. Sell ‘ta piv ? Polis gouarnamant Euskadi, derc’het gant ar sosialisted espagnol, ‘da da filmañ an dud o tebriñ eno. ‘Peus ket ‘met sellet deus al loened brein-se, o hijañ kerc’h dirak fri ar marc’h evel ‘vez lâret… Brav eo gwelet ar Vasked o kanañ evit respont d’ar gagnoù kozh-se  !

Un repas dans la ville de Zarautz (Gipuzkoa, EH), pour accueillir un militant politique basque récemment libéré… et voilà les txakurrak qui pointent le bout de leur truffe pour se livrer à une séance de provocation.

Alde hemendik, utzi bakean !!!